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La nature sauvage et la folie de l’Irlande me manquent, mais après 20 ans d’absence, je sais que ce n’est pas pour moi – The Irish Times

Publié le 27 novembre 2025 06:02:00. D’une formation d’éducatrice de la petite enfance à Cork, en Irlande, à la création de sa propre entreprise de soutien émotionnel à Lisbonne, l’Irlandaise Edele Nolan raconte un parcours de vingt ans…

La nature sauvage et la folie de l’Irlande me manquent, mais après 20 ans d’absence, je sais que ce n’est pas pour moi – The Irish Times

Publié le 27 novembre 2025 06:02:00. D’une formation d’éducatrice de la petite enfance à Cork, en Irlande, à la création de sa propre entreprise de soutien émotionnel à Lisbonne, l’Irlandaise Edele Nolan raconte un parcours de vingt ans à la recherche de sens et d’un chez-soi véritable à travers le monde.

  • Un voyage initiatique en Inde a marqué le début d’une quête personnelle et professionnelle.
  • Après des séjours en Thaïlande, en Nouvelle-Zélande et à Dubaï, Edele Nolan a trouvé un équilibre à Lisbonne.
  • Malgré une vie nomade, l’Irlandaise conserve un fort attachement à son pays d’origine.

Tout a commencé après l’obtention de son diplôme, au début des années 2000. Edele Nolan, fraîchement diplômée en études de la petite enfance, exerçait le métier d’enseignante remplaçante dans les écoles primaires et servait dans les restaurants de Cork. Un sentiment d’appel, une envie d’ailleurs, l’a poussée à faire ses valises et à s’envoler pour l’Inde.

Ce voyage en Inde s’est révélé transformateur. Imprégnée du chaos et de la beauté du pays, Edele a travaillé comme enseignante bénévole et a été profondément marquée par la gratitude et la chance qu’elle ressentait d’être née en Irlande. Elle a appris autant de ses élèves que vice versa.

Les finances finissant par manquer, elle a rebondi à Bangkok, en Thaïlande, où elle a passé quatre années à enseigner dans une école internationale. La vie y était vibrante, parfois débridée, mais toujours riche en expériences.

C’est en Nouvelle-Zélande qu’elle a ressenti le paradoxe le plus fort : un sentiment d’éloignement extrême de l’Irlande, couplé à un profond sentiment d’appartenance. Elle y enseignait dans une petite école maorie au bord de la mer, et la simplicité de la vie, le lien fort avec la communauté et la terre l’ont profondément touchée.

Le retour en Irlande, après la crise économique qui a frappé le pays, fut difficile. Edele aspirait à s’enraciner, à retrouver sa famille et ses amis, mais l’Irlande lui semblait lourde et en difficulté. Elle a eu du mal à trouver un emploi stable, à percevoir les allocations chômage et à se sentir reconnue. « J’avais tellement à offrir, mais l’Irlande n’était pas en mesure de le recevoir », confie-t-elle.

Son travail acharné l’a finalement menée à Dubaï, où elle a suivi une formation de psychologue scolaire et a trouvé une stabilité financière. Cependant, malgré une vie sociale épanouie au sein de la communauté irlandaise, elle ressentait un manque, un vide émotionnel. Elle se demandait si le matérialisme et l’apparence de la ville l’empêchaient de s’y connecter pleinement.

Il y a deux ans, elle a pris une nouvelle décision, un nouveau départ qui, selon elle, a apaisé son âme. Elle a déménagé à Lisbonne, où elle travaille désormais dans une école internationale et a créé sa propre entreprise, Young Minds Therapy, offrant un soutien émotionnel aux enfants, aux adolescents et aux familles. Elle y a trouvé un équilibre, une douceur de vivre, même si le niveau de salaire de Dubaï lui manque parfois.

Les Portugais ont un mot, saudade, qui exprime un désir profond pour quelque chose ou quelqu’un de bien-aimé qui est absent, et c’est précisément ce qu’elle ressent pour l’Irlande. Elle avoue manquer des paysages sauvages, mais surtout des gens, de leur cœur, de leur ouverture d’esprit, de leur intelligence et de leur sens de l’humour.

Après avoir vécu dans huit pays différents et visité soixante-deux nations, Edele Nolan est certaine d’une chose : l’Irlande est aimée partout dans le monde, et il n’y a aucun autre endroit où elle préférerait être originaire. Pourtant, elle sait que, pour l’instant, c’est à l’étranger qu’elle peut s’épanouir et construire la vie qu’elle souhaite. Même si elle vit loin de son pays depuis deux décennies, elle emporte l’Irlande partout avec elle.

Edele Nolan est originaire de Killarney. Elle a quitté l’Irlande pour la première fois en 2004 et vit désormais à Lisbonne.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.