Publié le 27 novembre 2025 à 02:59:00. L’armée a pris le contrôle de la Guinée-Bissau, un pays d’Afrique de l’Ouest régulièrement secoué par l’instabilité politique, après des élections présidentielles contestées. Le président Umaro Sissoco Embalo et plusieurs opposants ont été arrêtés.
- Des officiers de l’armée ont annoncé la formation d’un Haut Commandement Militaire pour « rétablir l’ordre » et suspendu le processus électoral.
- Des coups de feu ont éclaté dans la capitale, Bissau, près des institutions clés, avant l’annonce du coup d’État.
- Le coup d’État intervient après l’annonce de premiers résultats partiels d’une élection présidentielle serrée entre le président sortant et son principal adversaire.
La Guinée-Bissau est une fois de plus plongée dans l’incertitude après qu’un groupe d’officiers militaires a pris le pouvoir ce mercredi 26 novembre 2025. L’annonce intervient après une journée de tensions à Bissau, la capitale, où des échanges de tirs ont été signalés près du siège de la Commission Électorale Nationale (CEN), du palais présidentiel et du ministère de l’Intérieur.
Selon des témoignages recueillis par l’agence EFE, la population locale, paniquée, a fui vers les quartiers périphériques pour se mettre à l’abri. Des soldats en tenue de combat et cagoulés ont bloqué plusieurs rues, notamment celles menant à l’ambassade du Portugal, empêchant potentiellement des personnalités politiques de s’y réfugier.
Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, a confirmé son arrestation au magazine panafricain Jeune Afrique.
« Aucun acte de violence n’a été commis à mon encontre »
Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée-Bissau
Il accuse le chef d’état-major de l’armée d’être à l’origine de ce « coup d’État ». L’hebdomadaire précise également que les opposants Fernando Dias et Domingos Simões Pereira ont également été placés en détention.
Les événements de ce mercredi font suite à l’annonce par la CEN des premiers résultats d’une élection présidentielle particulièrement disputée. Les deux principaux candidats, Umaro Sissoco Embalo et Fernando Dias, s’étaient mutuellement attribué la victoire. Les élections ont été marquées par l’exclusion de plusieurs figures politiques importantes.
La Guinée-Bissau a connu une histoire politique tumultueuse depuis son indépendance du Portugal en 1974, marquée par quatre coups d’État et de nombreuses tentatives de renversement du pouvoir, comme celle survenue en février 2022.
DZC (Reuters, EFE, AFP, Jeune Afrique)