Publié le 27 novembre 2025 à 12h38. À seulement 38 ans, Dan Driscoll, le secrétaire à l’armée américaine, s’est vu confier une mission diplomatique inattendue : négocier un accord de paix en Ukraine, remplaçant ainsi d’autres émissaires et suscitant l’attention sur l’influence grandissante d’un cercle restreint de conseillers autour de Donald Trump.
- Dan Driscoll, le plus jeune secrétaire à l’armée de l’histoire américaine, est devenu un acteur clé dans les efforts de l’administration Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
- Son ascension rapide est attribuée à son amitié de longue date avec le vice-président JD Vance, et contraste avec le manque de confiance accordé à d’autres responsables.
- Driscoll a présenté un « plan de paix » en 28 points au président Zelensky et mène actuellement des négociations discrètes avec des représentants russes et ukrainiens.
Alors que les noms des secrétaires à l’armée des dernières décennies sont rarement familiers en dehors des États-Unis, Dan Driscoll pourrait bien changer cette donne. Son rôle se limitait traditionnellement à la gestion des acquisitions militaires et des questions financières, mais il se retrouve désormais au cœur d’une crise diplomatique majeure.
Cet avocat et ancien officier, ayant servi en Irak en 2009, n’a aucune expérience diplomatique formelle. Pourtant, il a été désigné par l’administration Trump comme un négociateur central dans les efforts visant à trouver une issue au conflit russo-ukrainien. Le 20 novembre, il a effectué un voyage surprise à Kiev, initialement pour discuter de questions de défense, notamment les drones. Il s’est ensuite vu confier la tâche de présenter au président ukrainien le « plan de paix » en 28 points élaboré par la Maison Blanche.
Avant Driscoll, deux autres émissaires avaient été chargés de mener des pourparlers de cessez-le-feu. Le lieutenant-général à la retraite Keith Kellogg, nommé envoyé spécial pour l’Ukraine, a progressivement vu ses pouvoirs réduits et n’a pas réussi à jouer un rôle décisif. Il devrait quitter son poste début 2026. Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump pour les missions de paix, qui avait déjà joué un rôle clé dans les négociations visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, a initialement pris le relais. Mais c’est désormais Driscoll qui est au centre des discussions.
Après Kiev, Driscoll s’est rendu en Suisse pour des négociations confidentielles avec des représentants de l’Ukraine et de pays européens alliés de l’OTAN à Genève, en compagnie du secrétaire d’État américain Marco Rubio et de Witkoff. Depuis lundi, il se trouve à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, où il aurait mené des entretiens secrets avec une délégation russe, et aurait également rencontré le chef des renseignements militaires ukrainiens, Kyrylo Budanov.
L’ascension fulgurante de Driscoll, qui n’avait aucune expérience politique ou militaire de haut niveau avant 2025, est largement attribuée à son amitié de longue date avec le vice-président JD Vance, avec qui il a étudié à la faculté de droit de Yale. C’est Vance qui a personnellement prêté serment à Driscoll en février 2025, une nomination qui a rencontré un large soutien au sein du Sénat américain.
Selon le journal britannique The Guardian, Driscoll aurait « impressionné les initiés de la Maison Blanche comme l’un des acteurs les plus habiles de l’administration ». Cela contraste avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, envers lequel l’administration ne semblait pas avoir une grande confiance pour transmettre des messages importants. Une source interne au sein de l’administration a déclaré au média Politico qu’il n’y avait pas « beaucoup de confiance en Hegseth pour transmettre ces messages aux principaux dirigeants ».
Quelques semaines après sa nomination, Driscoll a également assumé par intérim la direction du Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), ce qui lui permet de s’appuyer sur l’expertise de cette agence dans ses négociations sur la guerre en Ukraine. Il a publiquement salué l’ingéniosité de l’Ukraine dans le développement de drones improvisés et de systèmes d’armes autonomes, soulignant que l’armée américaine prévoyait d’acquérir au moins un million de drones dans les deux ou trois prochaines années. L’Ukraine pourrait potentiellement contribuer à cet approvisionnement, et Driscoll semble être le négociateur idéal pour un éventuel échange de technologies.
Reste à savoir si Driscoll parviendra à mener à bien la mission qui lui a été confiée par Trump : parvenir à une percée diplomatique avec la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine. Quoi qu’il en soit, il incarne une nouvelle génération de conseillers de Trump : jeunes, loyaux et prêts à explorer des voies non conventionnelles pour atteindre les objectifs du président. L’avenir dira si Driscoll, Witkoff et Rubio parviendront à travailler en harmonie, mais aucun conflit n’a été rendu public jusqu’à présent.
Comme figure de proue de la tentative de Trump de rétablir la paix en Ukraine, Driscoll se trouve face à des attentes élevées et à l’attention du monde entier.
Cet article a été initialement publié en allemand.
Sur le même sujet
