Publié le 29 novembre 2025 05:56:00. Les entretiens d’embauche en visioconférence, avec leurs multiples participants et leurs aléas techniques, sont de plus en plus critiqués pour leur manque d’efficacité et leur caractère impersonnel. Un candidat témoigne d’une expérience particulièrement déconcertante, illustrant les limites de cette pratique.
De plus en plus d’entreprises recourent aux entretiens d’embauche en visioconférence, souvent avec un panel de plusieurs recruteurs. Si cette méthode est censée optimiser le processus de sélection, elle est loin de faire l’unanimité auprès des candidats. L’expérience vécue par un postulant, relatée récemment, met en lumière les aspects frustrants et déshumanisants de ces sessions.
L’entretien en question s’est déroulé via la plateforme Zoom. Le candidat, préparé et motivé, s’est retrouvé face à huit interlocuteurs affichant des sourires figés et un silence pesant. L’atmosphère était étrange, plus proche d’un interrogatoire que d’un échange professionnel. « Cela ressemblait moins à un entretien qu’à une séance de programmation numérique où je devais les convaincre que je n’avais pas commis le crime du chômage », confie-t-il.
Les imprévus n’ont pas manqué. Des questions hors sujet, le partage accidentel d’un écran contenant une liste de candidats, les aboiements d’un chien, un participant dégustant un sandwich… autant de distractions qui ont contribué à un sentiment d’absurdité. Le candidat a alors décidé de jouer le jeu, adoptant un ton ironique et se présentant comme un accusé plaidant sa cause devant un jury. Il a même déclaré, en plaisantant : « Mesdames et messieurs du jury, les preuves montreront que je suis qualifié, ponctuel et moyennement stable sous la pression. »
Un bref moment d’espoir a surgi lorsqu’une des participantes a ri, mais il a été rapidement anéanti par un murmure, capté malgré le mode muet : « Il est drôle, mais a-t-il l’air… trop humain ? ». Le candidat a alors compris que le résultat était déjà connu, décidé par un algorithme bien avant cet échange virtuel. Il a achevé sa plaidoirie avec conviction, avant de recevoir, une semaine plus tard, le message laconique : « Nous sommes allés dans une autre direction. »
Pour ce candidat, cette expérience confirme les limites des entretiens en panel via Zoom. Ils sont perçus comme maladroits, impersonnels et susceptibles de générer un sentiment de dévalorisation. Il préférerait de loin un entretien en face à face, avec un seul interlocuteur, une tasse de café et quelques minutes pour démontrer ses compétences. « Si je voulais que huit inconnus silencieux me jugent, je retournerais au jury, au moins ils auraient des collations », conclut-il avec humour.