Publié le 30 novembre 2025 18h35. L’utilisation croissante de la vidéo assistance arbitrage (VAR) suscite une controverse grandissante, déformant parfois le sens même du jeu et générant des décisions arbitrales déconnectées de la réalité du terrain.
- La VAR est de plus en plus critiquée pour son impact sur le déroulement naturel du football.
- Des incidents récents impliquant le joueur milanais Pavlovic illustrent les erreurs flagrantes induites par l’interprétation excessive des règles.
- Cette tendance artificielle menace de transformer le football en un sport artificiel, proche d’une simulation vidéo.
Il ne s’agit plus simplement de débattre d’un penalty litigieux, d’un but injustement refusé ou d’un hors-jeu évalué au millimètre près (six millimètres, pour être précis). Depuis un an, la VAR est en train de réécrire les règles du football, et le résultat est loin d’être satisfaisant. Le problème ne réside pas dans le potentiel de la technologie, mais dans sa mise en œuvre, qui conduit à des situations grotesques et dénature le jeu.
Les ralentis peuvent certes aider à identifier des actions invisibles à l’œil nu et à corriger des erreurs évidentes. Cependant, lorsque l’interprétation d’un geste devient excessivement pointilleuse, on s’éloigne rapidement de l’esprit du football. Cette dérive est accentuée par des réglementations constamment modifiées et actualisées, protocole après protocole, créant une complexité artificielle.
Les fautes sont désormais analysées avec une précision extrême : un pas sur le pied, un contact involontaire avec le bras, un tacle jugé dangereux même sans intention de nuire. Cette accumulation de détails peut conduire à des analyses interminables et à des décisions qui ne reflètent pas la réalité du jeu. Le résultat est un football artificiel, générateur de situations surréalistes.
Les deux derniers jours ont fourni des exemples frappants de cette tendance, impliquant le même joueur, le défenseur milanais Pavlovic. Lors du derby contre l’Inter, un penalty a été accordé suite à une faute présumée sur Calhanoglu. Si la lettre de la règle peut justifier cette décision, elle contredit le bon sens pour quiconque a pratiqué le football, même à un niveau amateur : le contact, survenu après l’envoi du centre, était involontaire et ne constituait pas une faute. Il s’agissait plutôt d’une erreur d’appréciation de l’arbitre.
Le lendemain, lors du match Milan-Lazio, Pavlovic a touché le bras d’un adversaire dans sa surface de réparation, à la 95e minute. Là encore, la décision arbitrale, influencée par la VAR, est apparue contestable. Bien qu’il y ait eu contact, il ne s’agissait pas d’une faute justifiant un penalty. La réalité du terrain contredit la décision du moniteur vidéo. Deux erreurs flagrantes en l’espace de deux jours, mais certains saluent la capacité de l’arbitre à gérer une situation tendue sans modifier le résultat du match.
Pourtant, le véritable perdant est le football, le vrai. Pavlovic, malgré lui, est devenu le symbole de ce sport, autrefois marqué par des erreurs d’arbitrage acceptables, qui se transforme peu à peu en un jeu vidéo.
(Depuis Fabio Insenga)