Home Nouvellescomment il a été fabriqué et qu’est-il arrivé au verre

comment il a été fabriqué et qu’est-il arrivé au verre

by Nicolas Lefèvre

Symbole de Boston, la Tour John Hancock a marqué l’histoire de l’architecture, mais aussi celle des défis techniques. Inaugurée avec des années de retard et confrontée à des problèmes de stabilité et de sécurité, cette tour de 241 mètres de haut continue de fasciner et d’intriguer.

Conçue par l’architecte Henry N. Cobb du cabinet IM Pei et partenaires (aujourd’hui Pei Cobb Freed & Partners), la Tour John Hancock, située dans le quartier de Back Bay, se distingue par son style moderniste et minimaliste. Sa forme parallélogrammique lui confère une élégance particulière, tandis que le verre légèrement bleuté de sa façade permet à la tour de se fondre subtilement dans le ciel. Des encoches verticales profondes marquent les petits côtés du parallélogramme, soulignant sa verticalité et captant la lumière du soir.

Dès sa construction, entre 1971 et 1976, la tour a été confrontée à des difficultés majeures. Lors des travaux de fondation, les murs de soutènement en acier ont cédé sous la pression de l’argile présente dans le sous-sol de Back Bay, endommageant des bâtiments voisins, dont l’église de la Trinité sur l’avenue Saint-Jacques, qui a reçu une indemnisation de 11 millions de dollars (environ 12,4 millions d’euros).

Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés là. Les vitres, mesurant 1,2 m x 3,4 m et pesant chacune 230 kg, se détachaient régulièrement de la façade, parfois depuis les étages supérieurs, présentant un danger pour les passants. La police était souvent contrainte de fermer les rues environnantes lorsque le vent dépassait 72 km/h.

La stabilité structurelle de la tour était également compromise. Les fortes oscillations causées par le vent provoquaient des nausées chez les occupants des étages élevés. Pour remédier à ce problème, deux amortisseurs de masse ont été installés au 58e étage. Ces dispositifs, pesant chacun 300 tonnes, fonctionnent sur le principe de l’inertie.

Selon Robert Campbell, architecte et critique d’architecture pour le Boston Globe, « imaginez deux énormes caisses en acier remplies de plomb, ancrées à la structure par un système de ressorts et d’amortisseurs, et coulissant librement sur une plaque d’acier lubrifiée. Lorsque le vent fait osciller le gratte-ciel, les poids ont tendance à rester stationnaires, tandis que le sol se déplace sous eux. Les ressorts entrent alors en action et ‘tirent’ le bâtiment vers l’arrière, ralentissant ainsi son mouvement. »

L’effet est comparable à celui d’un gyroscope, stabilisant la tour. L’installation de deux contrepoids permet également de contrer les torsions, agissant dans des directions opposées lorsque le bâtiment a tendance à tourner sur lui-même. Cette intervention corrective a coûté environ 3 millions de dollars (environ 3,4 millions d’euros) à l’époque.

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