Publié le 30 novembre 2023 23:42:00. Chaque année, les Pays-Bas produisent des quantités massives de déchets textiles, alimentées par la « fast fashion » et un manque d’infrastructures de recyclage efficaces. Des militants s’efforcent de sensibiliser le public à l’impact environnemental de nos habitudes de consommation vestimentaire.
- Les Néerlandais jettent entre 215 et 310 millions de kilos de vêtements, chaussures et linge de maison chaque année, soit environ 15 à 18 kilos par personne.
- Seulement 1 % des textiles collectés aux Pays-Bas sont recyclés en nouveaux vêtements, un pourcentage en baisse constante.
- Une grande partie des vêtements jetés par les Pays-Bas est exportée vers le Ghana, où ils contribuent à une crise environnementale croissante.
La culture du jetable, encouragée par l’industrie de la « fast fashion », est en grande partie responsable de cette montagne de déchets textiles. Cette industrie introduit constamment de nouvelles tendances, proposant des vêtements de qualité souvent médiocre, fabriqués dans de mauvaises conditions de travail. Elle se traduit également par un manque d’investissement dans la réutilisation et le recyclage.
David Jansen-Licht, de l’organisation Milieuwerk Amsterdam, témoigne de l’ampleur du problème en observant quotidiennement la quantité de vêtements jetés dans la région d’Amsterdam. Son entreprise collecte tous les déchets textiles de la ville et de ses environs. Pour tenter de limiter ces déchets, Milieuwerk Amsterdam collabore avec des militants de la mode durable, notamment Sara Dubbeldam et Kiki Boréel.
En moyenne, un vêtement n’est porté que sept fois avant d’être jeté. Malheureusement, ces vêtements jetés ne connaissent pas souvent une seconde vie. La faible qualité des vêtements issus de la « mode ultra rapide » aggrave le problème. Les articles bon marché, vendus par des enseignes comme Primark, Shein ou Temu, sont souvent fabriqués en polyester, un matériau synthétique difficilement recyclable.
Kiki Boréel et Sara Dubbeldam se sont fait connaître par des actions de protestation choc. Elles ont notamment déversé 6 000 kilos de déchets textiles devant les boutiques de la Kalverstraat, une artère commerçante d’Amsterdam. Cette action symbolique visait à illustrer la quantité de vêtements que les Néerlandais jettent toutes les dix minutes et à appeler les entreprises de mode à plus de transparence sur leurs volumes de production.
Une partie des vêtements qui ne peuvent être réutilisés localement est exportée vers le Ghana. Chaque semaine, une centaine de conteneurs maritimes remplis de rebuts textiles y arrivent. La « mode ultra rapide » contribue à une augmentation constante des volumes de déchets envoyés en Afrique et en Asie.
À Accra, la capitale ghanéenne, 40 % des vêtements importés finissent à la décharge. Une partie est incinérée illégalement près des marchés, tandis qu’une autre se retrouve dans les rivières et, finalement, dans la mer, causant une pollution massive.
Le vendredi 29 novembre 2023, c’est le Black Friday, un événement commercial importé des États-Unis, caractérisé par des réductions importantes. Les consommateurs sont incités à acheter en masse, souvent au-delà de leurs besoins réels. Sara Dubbeldam et Kiki Boréel invitent à la prudence et proposent des alternatives plus durables.
Pour aller plus loin
