La mairie de Cali renforce sa lutte contre la criminalité financière. Un plan d’action ambitieux, soutenu par les Nations Unies, vise à protéger plus de 28 milliards de pesos (environ 6,7 millions d’euros) en prévenant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au sein de l’administration locale.
Depuis août 2024, Cali est la première ville colombienne à adopter une stratégie claire pour contrer ces risques. L’administration municipale, dirigée par Alejandro Eder, a déjà mis en œuvre plusieurs mesures concrètes, notamment la mise à jour du guide de gestion des risques et l’application de procédures de diligence raisonnable lors des recrutements et des appels d’offres.
« Il est crucial d’agir, car la mairie est le plus gros acheteur de la région, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux tentatives de blanchiment d’argent par des organisations criminelles », explique María Alejandra Pedraza Orduz, responsable du Bureau consultatif pour la transparence. « Ce projet pilote nous aide à sécuriser les marchés publics, les contrats de travaux et de services, ainsi que l’ensemble du personnel de la ville. »
Le plan s’inscrit dans le cadre du Décret de district 0747 de 2024, qui réglemente la stratégie anticorruption et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (BC/FT). L’objectif principal est de mieux connaître les acteurs internes (fonctionnaires) et externes (entrepreneurs et fournisseurs) de la mairie, afin d’éviter tout lien avec des activités illégales.
Une formation intensive a été dispensée aux hauts fonctionnaires – secrétaires, sous-secrétaires, directeurs et chefs de service – par des experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). « Ces espaces fournissent des outils pour améliorer nos pratiques quotidiennes et protéger les ressources publiques, qui est la mission première de cette administration », souligne Diego Martínez, directeur adjoint du Trésor.
Parmi les avancées notables, on compte la préparation d’un manuel anticorruption, la mise en place d’analyses de listes restrictives grâce à l’outil Inspecteur – permettant d’éviter de contracter avec des entités suspectes – et la création d’une procédure de Rapport d’Opération Suspecte (ROS) pour signaler les alertes BC/FT à la Cellule de renseignement financier de Colombie (UAF).
« Il est essentiel de s’approprier ces mécanismes pour minimiser les risques d’actes illégaux », insiste Leidy Amparo Correa, directrice du Département administratif de contrôle interne. Yanet Vélez Jaramillo, sous-secrétaire à la protection de la santé, ajoute que ces mesures permettent d’établir des protocoles clairs pour gérer les risques liés à tous les partenaires de la mairie, garantissant ainsi la transparence.
L’administration municipale de Cali affirme ainsi son engagement à protéger les ressources publiques, à renforcer la confiance des citoyens et à préserver la capitale du Valle del Cauca contre les menaces du crime organisé.
À retenir
- Cali est la première ville colombienne à mettre en œuvre une stratégie globale contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
- Plus de 28 milliards de pesos (6,7 millions d’euros) sont potentiellement protégés par ce plan.
- Une formation spécialisée a été dispensée aux hauts fonctionnaires de la mairie par l’ONUDC.
Contexte
La mairie de Cali, en tant que principal acheteur de la région, est particulièrement exposée aux risques de blanchiment d’argent et de corruption. La mise en place d’une stratégie proactive est donc perçue comme une nécessité pour garantir l’intégrité des finances publiques et la confiance des citoyens.
Ce qui change
Les entreprises et les fonctionnaires de la mairie de Cali sont désormais soumis à des contrôles plus stricts et à des procédures de diligence raisonnable renforcées. Les appels d’offres et les recrutements seront plus transparents et mieux encadrés.
Prochaines étapes
Le plan pilote sera renforcé l’année prochaine et étendu à l’ensemble de l’administration municipale. La mairie prévoit également de continuer à collaborer avec l’ONUDC pour améliorer ses capacités en matière de lutte contre la criminalité financière.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Montant protégé | 28 milliards de pesos (environ 6,7 millions d’euros) |
| Nombre de contrats et nominations sécurisés | Plus de 500 |
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