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Au Népal, les rites funéraires doivent attendre le retour des fils de migrants. Aide aux congélateurs financés par l’État.

Dans le district de Dhangadhi, au Népal, une solution glaciale, bien que macabre, est devenue de plus en plus courante : des congélateurs portables permettent aux familles de préserver le corps de leurs proches le temps que leurs…

Au Népal, les rites funéraires doivent attendre le retour des fils de migrants. Aide aux congélateurs financés par l’État.

Dans le district de Dhangadhi, au Népal, une solution glaciale, bien que macabre, est devenue de plus en plus courante : des congélateurs portables permettent aux familles de préserver le corps de leurs proches le temps que leurs enfants, souvent partis travailler à l’étranger, puissent rentrer pour les funérailles.

L’histoire de Lalata Prasad Chaudhary, 62 ans, illustre cette réalité poignante. Son corps a reposé pendant trois jours dans un congélateur mis à disposition par la municipalité, en attendant le retour de ses fils travaillant en Inde et en Malaisie. Lorsque Bijay et Sunil Chaudhary, ses fils aîné et cadet, sont finalement arrivés de Shimla, en Inde, après un voyage de trois jours, ils ont découvert un corps déjà en état de décomposition, les signes visibles à travers le couvercle transparent du congélateur.

Au Népal, environ 3,5 millions de personnes, majoritairement des jeunes adultes, émigrent pour trouver du travail, principalement en Inde et dans les pays du Golfe. Leurs familles dépendent fortement des envois de fonds, qui représentent plus d’un quart du produit intérieur brut du pays. Cette migration massive laisse souvent les villages avec une population vieillissante, et pose un défi particulier lorsqu’un décès survient : les traditions hindoues népalaises exigent la présence des enfants pour les rites funéraires.

Face à cette situation, le gouvernement népalais a déployé 101 congélateurs portables dans les districts à forte émigration. Le stockage d’un corps coûte 600 roupies népalaises par jour (environ 4,26 dollars). Depuis 2024, 466 familles ont déjà eu recours à cette solution, dont huit dans la région de Dhangadhi. Des organisations locales se sont également jointes à l’effort, comme le groupe de femmes de Galkot qui a acheté un congélateur pour le poste de santé local.

« Je ne peux pas empêcher les jeunes de partir à l’étranger », déclare Gopal Hamal, le maire de Dhangadhi, « mais j’essaie de réunir les familles au moment du décès. »

L’attente, même préservée par le froid, n’efface pas la douleur. Bijay Chaudhary se souvient : « Avant de partir en Inde, notre père nous avait dit de gagner de l’argent et de construire une maison permanente dans la ville de Dhangadhi. Nous n’avions jamais imaginé qu’il mourrait si tôt. » Le retour de ses fils, bien que tardif, a permis de respecter les traditions, mais le spectacle du corps en décomposition dans le congélateur restera gravé dans leur mémoire, un rappel poignant de l’éloignement et du prix de l’émigration.

Anita Ghimire, spécialiste des migrations de travail et directrice de l’Institut népalais de recherche sociale et environnementale, souligne que les enfants ont une responsabilité particulière envers leurs parents au Népal, plus grande que celle de l’État. Elle plaide également pour des accords bilatéraux avec les pays d’accueil des migrants népalais afin de faciliter leur retour en cas de décès d’un proche.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.