Les récentes attaques de drones ukrainiens contre la flotte pétrolière russe en mer Noire, conjuguées à la décision de l’OPEP+ de maintenir ses niveaux de production, créent un climat d’optimisme sur le marché pétrolier, malgré des signaux mitigés concernant la demande mondiale.
Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal et issues d’une analyse de Rystad Energy, le choix de l’OPEP+ de ne pas modifier sa production est motivé par les incertitudes géopolitiques entourant deux de ses principaux membres : la Russie et le Venezuela. L’organisation suit de près l’évolution du conflit en Ukraine ainsi que les tensions croissantes entre Washington et Caracas, deux facteurs susceptibles de perturber l’approvisionnement mondial.
« Le groupe reconnaît que le sentiment du marché reste fragile ; même des faux pas mineurs pourraient entraîner des mouvements de prix importants », ont déclaré les analystes de Rystad Energy. En conservant une marge de manœuvre, l’OPEP+ se prépare à réagir rapidement en cas de détérioration de la situation ou de restrictions inattendues de l’offre.
Par ailleurs, la décision de l’OPEP+ d’évaluer la capacité de production maximale de ses membres pourrait engendrer des tensions internes, selon des analystes d’ING. L’objectif est d’établir des références de production pour 2027 et d’orienter les futures décisions, mais certains pays pourraient chercher à obtenir des quotas plus élevés, ce qui pourrait créer des désaccords.
Les attaques de drones ukrainiens ont ciblé les pétroliers Kairos et Virat, naviguant sous pavillon gambien et béninois, alors qu’ils se dirigeaient vers le port russe de Novorossiisk. Ces navires font partie d’une « flotte fantôme » d’un millier de bateaux utilisés par la Russie pour contourner les sanctions occidentales et exporter du pétrole. Le Kairos a subi des dommages au niveau du moteur et a pris feu, entraînant l’évacuation de son équipage par des équipes de secours turques. Le Virat, déjà sanctionné, a vu son gouvernail et son système de propulsion endommagés et a dû être remorqué vers la Turquie. Ces incidents ont causé une perte estimée à 60 millions d’euros pour les opérations pétrolières russes.
Bloomberg a également rapporté qu’un pétrolier transportant du diesel a été touché par quatre explosions près de Dakar, au Sénégal, marquant le troisième incident impliquant un navire lié à la Russie en quelques jours. Les services de sécurité ukrainiens ont revendiqué la responsabilité des deux attaques en mer Noire, bien que toutes n’aient pas été attribuées.
Malgré ces attaques, les chargements de pétrole brut à Novorossiysk se poursuivent, selon Reuters. L’attaque contre le Caspian Pipeline Consortium (CPC), qui gère plus de 1 % du pétrole mondial, s’est produite alors que l’Ukraine intensifiait ses opérations militaires en mer Noire.
Ces attaques pourraient être un facteur contribuant aux progrès observés dans les négociations de cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine. Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, se rendra à Moscou lundi, selon un responsable américain cité par Fox News. Il a précédemment rencontré des négociateurs ukrainiens en Floride avec le secrétaire d’État Marco Rubio et Jared Kushner, une réunion qualifiée de « très productive » par Rubio.
Par ailleurs, les marchés de l’énergie surveillent également les conditions météorologiques. Une vague de froid glacial, potentiellement record pour 235 millions d’Américains, s’abat sur les États-Unis avec l’arrivée de l’hiver La Niña. Lundi devrait être le jour le plus froid de cette vague, avec des températures inférieures à zéro dans plusieurs États du nord et du centre du pays. Le froid devrait ensuite s’étendre vers l’est, affectant des villes comme Pittsburgh, New York, Indianapolis et Baltimore.
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