Les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre en Ukraine s’intensifient alors que l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, doit rencontrer ce mardi 23 avril Vladimir Poutine à Moscou. Cette rencontre intervient dans un contexte de nouvelles avancées russes sur le terrain et de préoccupations croissantes parmi les alliés européens concernant un plan de paix américain jugé trop favorable à Moscou.
Selon des informations diffusées lundi par le Kremlin, les forces russes auraient pris le contrôle des villes de Pokrovsk et de Vovchansk, sur la ligne de front. Pokrovsk, considérée comme une porte d’entrée vers la région de Donetsk, est un point stratégique que Moscou cherche à contrôler depuis plus d’un an. Les autorités ukrainiennes n’ont pour l’instant pas confirmé ces prises de contrôle.
Les commandants militaires russes affirment que ces succès permettent de réaliser de nouveaux progrès. Les forces russes contrôleraient désormais plus de 19 % du territoire ukrainien, soit 115 600 km², une augmentation d’un point de pourcentage par rapport à il y a deux ans, selon l’agence Reuters. Les cartes pro-ukrainiennes indiquent également que les forces russes progressent au rythme le plus rapide depuis 2022.
Par ailleurs, les États-Unis se disent « très optimistes » quant aux chances de parvenir à un accord de paix, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt. Cependant, l’Union européenne exprime ses inquiétudes. Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE, a averti que les négociations Poutine-Witkoff pourraient exercer une pression sur l’Ukraine pour qu’elle fasse des concessions.
« Pour instaurer la paix, nous ne devons pas perdre de vue que c’est en fait la Russie qui a déclenché cette guerre et la Russie qui continue cette guerre et la Russie qui cible réellement les civils et les infrastructures civiles chaque jour pour causer autant de dégâts que possible », a déclaré Kaja Kallas.
Volodymyr Zelensky a réaffirmé lundi que la Russie ne devait pas être récompensée pour son agression. « Nous devons également veiller à ce que la Russie elle-même ne perçoive rien qu’elle pourrait considérer comme une récompense pour cette guerre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron. Il a également indiqué qu’il espérait s’entretenir avec Donald Trump après le retour de Steve Witkoff de Russie, afin de discuter des prochaines étapes.
Le président ukrainien a également souligné que le plan de paix en cours de révision, impliquant l’Ukraine, la Russie et Washington, « semble mieux » et que les discussions se poursuivent.
En parallèle, l’Ukraine est confrontée à un scandale de corruption qui a conduit au licenciement la semaine dernière de son principal négociateur et chef de cabinet, Andriy Yermak. Une attaque de missile russe a également fait quatre morts et près de vingt blessés lundi dans la ville de Dnipro, dans le centre du pays, selon le gouverneur régional.
Selon des estimations américaines, plus de 1,2 million de personnes ont été tuées ou blessées depuis le début de la guerre, bien que ni l’Ukraine ni la Russie ne publient de chiffres officiels sur leurs pertes.
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