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Le réalisateur iranien condamné à une peine de prison alors qu’il était en voyage pour recueillir des récompenses américaines

Publié le 2 décembre 2025 à 10h40. Le cinéaste iranien Jafar Panahi, figure de proue du cinéma indépendant, a été condamné à une peine de prison pour propagande contre le régime iranien, une décision controversée annoncée le jour…

Le réalisateur iranien condamné à une peine de prison alors qu’il était en voyage pour recueillir des récompenses américaines

Publié le 2 décembre 2025 à 10h40. Le cinéaste iranien Jafar Panahi, figure de proue du cinéma indépendant, a été condamné à une peine de prison pour propagande contre le régime iranien, une décision controversée annoncée le jour même où son dernier film a été salué aux Gotham Awards à New York.

  • Jafar Panahi a été condamné à un an de prison et à une interdiction de voyager en Iran.
  • Son film « It Was Just An Accident » a remporté trois prix aux Gotham Awards, dont celui du meilleur réalisateur.
  • Panahi a continué à dénoncer les restrictions imposées aux cinéastes iraniens malgré sa situation personnelle.

La condamnation intervient alors que le réalisateur, âgé de 65 ans, était aux États-Unis pour recevoir les honneurs pour son dernier long métrage. « It Was Just An Accident », tourné clandestinement en Iran, a été salué par la critique et pourrait prétendre à une nomination aux Oscars.

L’avocat de Panahi a annoncé la sentence lundi, soulignant le caractère répressif du régime iranien envers les artistes et les voix dissidentes. Le film, qui explore les conséquences d’un accident impliquant un homme accusé de torture, est perçu comme une critique implicite du pouvoir en place.

Lors de la cérémonie des Gotham Awards, Panahi n’a pas directement évoqué sa condamnation imminente, mais a rendu hommage à ses confrères qui, selon ses mots, « font tourner la caméra en silence, sans soutien, et parfois, en risquant tout ce qu’ils ont, uniquement avec leur foi en la vérité et en l’humanité ». Il a ajouté :

« J’espère que cette dédicace sera considérée comme un petit hommage à tous les cinéastes qui ont été privés du droit de voir et d’être vus, mais qui continuent de créer et d’exister.

Jafar Panahi, réalisateur

« It Was Just An Accident » a également reçu le prix du meilleur scénario et du meilleur film international. Le magazine The Hollywood Reporter a décrit le film comme une œuvre qui « se transforme lentement mais sûrement en une condamnation sévère du pouvoir abusif ».

Panahi a déjà été emprisonné à deux reprises en Iran pour ses opinions et son travail. En 2010, il avait été condamné à six ans de prison pour avoir soutenu des manifestations antigouvernementales et diffusé de la « propagande contre le système ». Il avait été libéré sous caution après deux mois. En 2022, il avait été incarcéré pour avoir protesté contre l’arrestation de deux autres cinéastes. Il a été libéré après sept mois de détention.

Dans une récente interview accordée au Financial Times, Panahi avait confié son attachement à l’Iran malgré les risques. Il se souvenait d’une conversation avec une exilée iranienne qui l’avait supplié de quitter le pays. Il lui avait répondu :

« Elle m’a supplié de ne pas y retourner. Mais je lui ai dit que je ne pouvais pas vivre en dehors de l’Iran. Je ne pouvais pas m’adapter ailleurs. Et j’ai dit qu’elle ne devrait pas s’inquiéter, car que vont faire les fonctionnaires qu’ils n’ont pas déjà fait ? »

Jafar Panahi, réalisateur

Le cas de Jafar Panahi illustre les difficultés rencontrées par les cinéastes iraniens, souvent confrontés à la censure, à l’emprisonnement et à des restrictions de voyage. Sa condamnation, survenue alors qu’il était honoré à l’étranger, souligne la détermination du régime à museler les voix critiques.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.