Publié le 3 décembre 2025 à 01h45 GMT. L’épouse de l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, gracié par Donald Trump, a déclaré que son mari ne rentrerait pas immédiatement au Honduras en raison de préoccupations pour sa sécurité, dénonçant un « discours de haine » cultivé par le gouvernement actuel.
- L’épouse de Juan Orlando Hernández, Ana García de Hernández, a affirmé que son mari ne pouvait pas rentrer au Honduras pour le moment en raison des risques pour sa sécurité.
- Juan Orlando Hernández a été gracié par l’ancien président américain Donald Trump après avoir été condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue.
- Ana García de Hernández et sa famille se voient actuellement refuser l’entrée aux États-Unis en raison de la révocation de leurs visas.
Ana García de Hernández a expliqué que le climat politique actuel au Honduras rendait un retour de son mari dangereux.
« Il est très dangereux qu’un ancien président revienne dans ces conditions, où ce qui a été cultivé par le gouvernement (de Xiomara Castro) était ce discours de haine »,
Ana García de Hernández
a-t-elle déclaré à la BBC. Elle a ajouté que leur famille souhaitait être réunie, mais que la sécurité de son mari était primordiale.
Juan Orlando Hernández, membre du Parti national conservateur, a gouverné le Honduras de 2014 à 2022. Il avait été reconnu coupable en juin 2024 par un tribunal américain d’avoir dirigé une organisation ayant introduit plus de 400 tonnes de cocaïne (environ 363 tonnes métriques) aux États-Unis. Sa condamnation à 45 ans de prison a été annulée grâce à la grâce présidentielle de Donald Trump.
Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a justifié sa décision en affirmant que Hernández avait été « traité de manière très dure et injuste ». Ce geste intervient quelques heures avant les élections présidentielles honduriennes du dimanche, dont les résultats définitifs restent encore inconnus. Les premiers résultats partiels indiquent une forte compétition entre Nasry Asfura, candidat nationaliste, et Salvador Nasralla, candidat libéral, Rixi Moncada étant en troisième position.
Ana García de Hernández a précisé que le retour de son mari dépendrait de garanties de sécurité. Elle a également révélé que les membres du mouvement Trumpiste MAGA (« Make America Great Again » – « Rendre sa grandeur à l’Amérique ») avaient joué un rôle dans l’obtention de la grâce de son mari, intercédant auprès de Donald Trump. Elle a rappelé que l’ancien président américain avait promis pendant sa campagne qu’il veillerait à ce que personne ne soit persécuté par l’État.
Elle a également comparé la situation de son mari à celle de Donald Trump, soulignant que tous deux avaient fait l’objet d’enquêtes du bureau du procureur du district sud de New York et avaient été condamnés « sans preuves ». Selon elle, le procès de son mari reposait sur des témoignages basés sur des rumeurs et faisait partie d’un « scénario promu par la gauche ».
Les procureurs américains avaient accusé Hernández d’avoir transformé le Honduras en un « narco-État », acceptant des millions de dollars de pots-de-vin de la part de trafiquants de drogue en échange de leur protection. Ils l’accusaient de s’être associé à « certains des plus grands trafiquants de drogue du monde pour construire un empire corrompu et brutalement violent basé sur le trafic illégal de tonnes de cocaïne vers les États-Unis ». Hernández avait toujours nié les accusations.
Arrêté trois mois après avoir quitté ses fonctions, il avait été extradé vers New York pour y être jugé.
Source des images, Getty Images
La nouvelle de la grâce a suscité des réactions mitigées au Honduras, allant de l’incrédulité à la résignation, tandis que les partisans de Hernández ont exprimé leur euphorie.
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