Publié le 3 décembre 2025 à 11h00. Suite à une fusillade près de la Maison Blanche impliquant un ressortissant afghan, l’administration américaine a suspendu le traitement des demandes d’immigration en provenance de 19 pays, invoquant des préoccupations de sécurité.
- L’administration américaine a mis en pause l’examen des demandes de carte verte et de citoyenneté pour les ressortissants de 19 pays.
- Cette décision fait suite à une fusillade à Washington D.C. dans laquelle deux gardes nationaux ont été blessés, dont un mortellement.
- Plus de 1,4 million de demandeurs d’asile pourraient être affectés par cette suspension.
L’agence américaine de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS) a annoncé la suspension des demandes d’immigration en provenance de 19 pays, selon un document interne révélé cette semaine. Cette mesure intervient après une fusillade survenue à proximité de la Maison Blanche fin novembre, impliquant un ressortissant afghan, Rahmanullah Lakanwal, âgé de 29 ans. Lakanwal a été inculpé pour meurtre au premier degré et tentative d’homicide.
La fusillade a conduit à un renforcement de la surveillance des personnes originaires d’Afghanistan et des 18 autres pays que l’administration Trump avait précédemment désignés comme présentant un risque élevé pour la sécurité nationale. L’USCIS a justifié cette pause par la nécessité de réévaluer les procédures de vérification des antécédents.
La suspension concerne à la fois les demandes de carte verte (résidence permanente) et de naturalisation (citoyenneté). Selon les données de l’USCIS, plus de 1,4 million de personnes ayant des demandes d’asile en attente pourraient être impactées par cette décision.
Le directeur de l’USCIS, Joseph Edlow, sera chargé de déterminer le moment où cette pause sera levée. Dans une interview accordée à Newsmax, M. Edlow a exprimé des doutes quant à la rigueur des vérifications effectuées sur les ressortissants afghans arrivés aux États-Unis après le retrait américain d’Afghanistan en 2021. Il a déclaré que son bureau procéderait à un examen approfondi de toutes les demandes de prestations approuvées pour les immigrants entrés aux États-Unis sous l’administration Biden.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique migratoire restrictive initiée par l’ancien président Donald Trump. En juin 2017, M. Trump avait signé une proclamation interdisant l’entrée aux États-Unis aux ressortissants d’Afghanistan, de Birmanie, du Tchad, de la République du Congo, de Guinée équatoriale, d’Érythrée, d’Haïti, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen, invoquant des préoccupations de sécurité. Des restrictions partielles avaient également été imposées aux ressortissants du Burundi, de Cuba, du Laos, de la Sierra Leone, du Togo, du Turkménistan et du Venezuela.
À l’époque, ces restrictions ne s’appliquaient pas aux personnes déjà présentes sur le territoire américain. Cependant, l’USCIS a annoncé qu’elle procéderait désormais à un examen de toutes les demandes de prestations approuvées pour les immigrants entrés aux États-Unis à partir du 20 janvier 2021.
Par ailleurs, la chanteuse Sabrina Carpenter a dénoncé l’utilisation d’une de ses chansons dans une vidéo de la Maison Blanche présentant des migrants détenus. Elle a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, affirmant : « Ne m’impliquez jamais ni ma musique au profit de votre programme inhumain. » Cette affaire fait écho à des protestations similaires exprimées par d’autres artistes, tels qu’Olivia Rodrigo et Jess Glynne, qui ont également dénoncé l’utilisation non autorisée de leur musique par l’administration américaine à des fins qu’ils jugent contraires à leurs valeurs.
Lakanwal, qui a plaidé non coupable mardi, travaillait au sein d’une unité soutenue par la CIA en Afghanistan et serait arrivé aux États-Unis dans le cadre d’un programme destiné à aider les Afghans ayant collaboré avec les forces américaines. Il a obtenu l’asile en avril dernier, selon le réseau NBC News.
Une des victimes de la fusillade, Sarah Beckstrom, âgée de 20 ans, est décédée des suites de ses blessures, tandis que l’autre, Andrew Wolfe, 24 ans, reste dans un état grave.