Publié le 4 décembre 2024. La Schufa, agence de notation de crédit allemande, va dévoiler davantage les critères qui déterminent la solvabilité des consommateurs, une mesure destinée à mettre fin aux critiques sur le manque de transparence de ses méthodes.
- À partir de fin mars 2026, les consommateurs pourront consulter gratuitement leur score personnel en ligne.
- Ce score sera basé sur douze critères, allant de l’ancienneté des cartes de crédit à l’état actuel des prêts.
- Bien que plus transparent, le système ne révélera pas le poids exact de chaque critère, soulevant des inquiétudes quant à sa réelle ouverture.
La Schufa, dont les évaluations influencent l’accès au crédit, les conditions de financement et même la location de logements, a longtemps été perçue comme une « boîte noire ». L’agence est régulièrement critiquée pour le manque de clarté concernant la manière dont elle établit ses notations. Pour répondre à ces préoccupations, elle s’apprête à lancer un nouveau système visant à rendre ses critères d’évaluation plus accessibles.
Dès la fin mars 2026, les consommateurs pourront accéder gratuitement à leur score personnel via un compte en ligne Schufa. Un système de liste d’attente sera mis en place pour activer progressivement les comptes. L’identification se fera initialement par une fonction en ligne, puis, à terme, par courrier. L’accès se fera via un navigateur web, une application mobile étant également prévue.
Le nouveau modèle s’articulera autour d’un score unique, compris entre 100 et 999 points. Plus le score est élevé, plus la probabilité que les obligations de paiement soient honorées est grande. La Schufa a annoncé qu’elle rendra publics douze critères qui seront pris en compte dans l’évaluation :
- Ancienneté de la plus ancienne carte de crédit
- Ancienneté de l’adresse actuelle
- Nombre de comptes courants et de cartes de crédit détenus au cours des 12 derniers mois
- Durée restante du prêt le plus long
- Demandes de renseignements auprès des opérateurs de télécommunications et des détaillants en ligne
- Ancienneté du plus ancien contrat bancaire
- Existence d’un prêt ou d’une garantie immobilière
- Nombre de prêts à tempérament contractés au cours des 12 derniers mois
- Statut actuel des prêts
- Vérification d’identité
- Date d’ouverture de la dernière ligne de crédit (par exemple, découvert bancaire)
- Incidents de paiement (par exemple, après plusieurs relances)
Le système attribuera des points pour chaque critère, aboutissant à un score global. Un impayé peut avoir un impact négatif significatif, mais un compte ouvert depuis longtemps peut stabiliser la note. La Schufa affirme que le calcul sera « compréhensible même pour les non-initiés ».
Cependant, la transparence ne sera pas totale. Si la Schufa dévoile les facteurs pris en compte, elle ne communiquera pas leur pondération respective. La question de savoir si le statut d’un prêt à tempérament est plus important que l’ancienneté de l’adresse reste donc sans réponse. La formule mathématique sous-jacente au score restera également confidentielle. L’agence justifie cette approche par la nécessité de protéger le système contre les manipulations, arguant que la divulgation complète des pondérations pourrait inciter les consommateurs à « optimiser » artificiellement leur profil en ouvrant ou fermant des comptes de manière stratégique. Elle parle d’un « juste milieu » entre ouverture et sécurité.
Les associations de consommateurs ne partagent pas cet avis. La Bundesverband der Verbraucherzentralen und Verbraucherverbände (vzbv) a reçu 317 plaintes concernant les notations de crédit en 2024, dont 79 % ciblaient la Schufa. Ces plaintes concernaient souvent des données incorrectes ou obsolètes.
« La correction de données erronées peut être une tâche ardue. »
Dorothea Mohn, responsable des marchés financiers de la vzbv
L’association demande que les agences de crédit soient légalement tenues de prouver l’exactitude de leurs informations.
Il est important de noter que le nouveau score ne remplace pas les droits existants. Les consommateurs peuvent déjà demander une auto-évaluation gratuite une fois par an. S’ils y découvrent des erreurs – comme un prêt remboursé depuis longtemps ou une relance injustifiée – ils peuvent demander une correction. La Schufa gère les données d’environ 68 millions de personnes en Allemagne. L’impact réel du nouveau score sur la confiance des consommateurs ne sera quantifiable qu’après son lancement. L’élément clé sera de savoir si les consommateurs pourront non seulement consulter leurs données, mais aussi les corriger efficacement, et si les limites de cette nouvelle transparence seront perçues comme acceptables.
Sur le même sujet
