Le sénateur américain Rand Paul a critiqué vivement la grâce accordée par l’ancien président Donald Trump à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, dénonçant une incohérence flagrante dans la politique américaine en matière de lutte contre le narcotrafic. L’élu républicain du Kentucky estime que cette décision ouvre la voie à une application arbitraire de la loi.
Lors d’une interview diffusée mardi sur l’émission « Balance of Power » de Bloomberg, Rand Paul a souligné l’absurdité d’une situation où une personne qualifiée de « narcoterroriste » peut être éliminée sans procès, tandis qu’une grâce peut être accordée à un individu reconnu coupable, simplement parce que l’administration en place refuse de le qualifier ainsi.
« On dirait que si on vous étiquette de narcoterroriste, on peut vous tuer sans même vous accorder un procès, mais si on ne vous donne pas cette étiquette, vous pouvez obtenir une grâce, même après avoir été condamné », a ironisé le sénateur. Il a précisé que Hernández a été impliqué dans des affaires de trafic de drogue, et que certaines personnes qu’il a accusées sont probablement décédées aux États-Unis.
Rand Paul a également mis en évidence le caractère aléatoire de cette approche. « Si l’administration affirme qu’Orlando Hernández n’est pas un narcoterroriste, alors il ne représente plus une menace pour l’Amérique et il a peut-être été accusé à tort », a-t-il déclaré, ajoutant que cette logique conduit à une situation où l’on distingue arbitrairement entre des individus sans preuves tangibles. « On se retrouve dans une situation absurde où Orlando Hernández n’est pas un narcoterroriste, mais que d’autres, dont on ignore le nom et pour lesquels on n’a aucune preuve, le seraient », a-t-il conclu.