Home NouvellesVienne : un directeur au concept difficile – un modèle pour l’Allemagne ? | politique

Vienne : un directeur au concept difficile – un modèle pour l’Allemagne ? | politique

by Nicolas Lefèvre

Vienne, Autriche – Des classes surchargées, des difficultés linguistiques et des tensions croissantes : le quotidien de nombreuses écoles autrichiennes, et notamment d’un établissement du quartier de Floridsdorf à Vienne. Face à cette situation, un proviseur a mis en place une politique de discipline stricte, qu’il estime être un modèle pour l’Allemagne et d’autres pays européens.

La composition démographique des élèves a radicalement changé ces dernières années. Christian Klar, proviseur de l’établissement depuis 2011, constate une évolution significative : « Il y a treize ans, la majorité des enfants étaient issus de familles turques. Aujourd’hui, les élèves sont majoritairement d’origine afghane, syrienne, tchétchène et somalienne. »

Cette transformation s’accompagne de défis importants. Beaucoup d’enfants entrent à l’école sans maîtrise de l’allemand, et le faible nombre d’élèves d’origine autrichienne rend difficile l’entraide entre camarades. Le proviseur Klar souligne également un manque de compétences de base chez certains élèves : « Beaucoup d’enfants arrivent à l’école sans les compétences qui étaient autrefois naturellement acquises à la maison : tenir un crayon, colorier, lacer leurs chaussures, lire l’heure, et bien d’autres choses encore. »

Parallèlement, Vienne connaît une évolution religieuse. Selon l’agence de presse autrichienne APA, les élèves musulmans représenteront 41,2 % de l’ensemble des élèves des écoles primaires et secondaires de la ville dès l’année scolaire 2024-2025, constituant ainsi une majorité relative. Cette évolution suscite des inquiétudes chez le proviseur Klar, notamment en ce qui concerne certaines tendances islamistes : « Tout est *haram* ou *halal*. » Il déplore un manque de compréhension et de tolérance, ainsi que des demandes récurrentes pour l’aménagement d’une salle de prière ou l’octroi de jours fériés supplémentaires pour les fêtes religieuses musulmanes.

Le proviseur Klar a fermement refusé ces demandes, affirmant que « l’école est un lieu neutre ». Il a exposé sa vision dans un livre récemment publié, intitulé « Comment sauver l’avenir de nos enfants ? »

Cependant, il met en garde contre le fait que la situation de Floridsdorf n’est pas isolée et que des tendances similaires se manifestent dans toute l’Europe. Il estime que le succès de son établissement est dû à un ensemble de mesures qui pourraient être reproduites dans d’autres écoles en difficulté, notamment en Allemagne.

Ces mesures incluent :

  • La retenue uniquement en cas de résultats insuffisants. Le proviseur Klar explique que l’impossibilité de redoubler, comme c’est le cas dans certaines régions (par exemple à Berlin), enlève toute motivation à l’apprentissage.
  • La création de classes de « TimeOut » pour les élèves perturbateurs ou menaçants. Le retour en classe normale n’est autorisé qu’après un comportement irréprochable.
  • Un soutien clair de la part des pouvoirs publics et de la société civile. Le proviseur Klar insiste sur le fait que les enseignants doivent se sentir libres d’exiger le respect des règles et des valeurs pour que ce « modèle viennois » puisse fonctionner.

« La discipline et l’exigence sont des éléments essentiels pour garantir un environnement d’apprentissage propice à tous », conclut le proviseur Klar.

You may also like

Leave a Comment