Publié le 5 décembre 2025 à 11h01. La nouvelle version de FreeBSD, un système d’exploitation open source concurrent de Linux, marque une étape importante en abandonnant le support des architectures 32 bits et en modernisant son système de construction, tout en améliorant l’expérience utilisateur.
- FreeBSD 15.0 abandonne le support des plateformes 32 bits x86, POWER et ARM-v6, tout en conservant ARM-v7.
- La version 15 introduit un nouveau système de construction basé sur pkgbase, bien qu’il reste expérimental.
- Des améliorations significatives ont été apportées à la gestion de l’alimentation, aux pilotes graphiques et à la compatibilité avec les conteneurs OCI.
FreeBSD 15.0 est désormais disponible, apportant avec elle une série de changements majeurs sous le capot. Cette nouvelle version, alternative open source à Linux, se distingue par une réduction du nombre de plateformes prises en charge et une refonte de son processus de construction et de gestion des paquets logiciels.
L’une des décisions les plus notables est la fin du support des architectures 32 bits sur x86, POWER et ARM-v6. Seule l’architecture ARM-v7 est maintenue. Cette évolution est logique, compte tenu de l’ancienneté des processeurs 64 bits. Les premières puces 64 bits d’AMD sont apparues il y a plus de 22 ans, et Intel a lancé son processeur x86 original, le 8086, en 1978. Cette transition vers le 64 bits s’inscrit dans une tendance globale, comme l’a récemment démontré Debian avec l’abandon de son édition x86-32, six ans après Canonical avec Ubuntu 19.10.
FreeBSD 15 prend désormais en charge cinq architectures de processeur : x86-64 et AArch64 (plateformes de niveau 1), ainsi que armv7, powerpc64le et riscv64 (plateformes de niveau 2).
Un autre changement majeur est l’introduction du nouveau système pkgbase pour la construction du système. Bien qu’encore expérimental et facultatif, il permet d’installer le système d’exploitation principal à partir de plusieurs paquets logiciels distincts, facilitant ainsi les mises à jour globales via le gestionnaire de paquets. Ce modèle, courant dans le monde Linux, diffère de l’approche traditionnelle de FreeBSD où le système d’exploitation principal et les applications sont mis à jour séparément.
La construction de FreeBSD est fondamentalement différente de celle des distributions Linux. Dans le monde Linux, chaque composant est développé et maintenu par des équipes distinctes. Le noyau, le système d’initialisation et les outils en ligne de commande proviennent de sources différentes, ce qui permet une grande flexibilité mais aussi une complexité accrue. FreeBSD, comme les autres BSD, adopte une approche plus intégrée, où tous les composants sont construits à partir d’une base de code unique gérée par une seule équipe.
Le nouveau système pkgbase, bien que prometteur, a suscité quelques inquiétudes. Un blogueur prolifique spécialisé dans les systèmes BSD, Vermaden, a publié un article détaillé relatant une expérience où la commande de suppression de tous les paquets (pkg delete -af) a involontairement détruit l’intégralité du système, ce qui a conduit à la création d’un rapport de bug sur GitHub. Certains développeurs OpenBSD ont également exprimé des réserves quant à cette modification, la jugeant imprudente et contraire aux pratiques établies des systèmes BSD.
Le plan à long terme est de finaliser cette restructuration avec FreeBSD 16, prévu pour décembre 2027, en supprimant les anciens ensembles de distribution et en désactivant l’infrastructure de mise à jour actuelle (freebsd-update).
Parmi les autres nouveautés, FreeBSD 15 intègre des constructions reproductibles, une avancée significative en matière de sécurité, et prend en charge les conteneurs OCI, permettant d’exécuter des conteneurs Linux sur FreeBSD. De plus, la gestion de l’alimentation a été améliorée, ainsi que la prise en charge des chipsets Wi-Fi et des normes sans fil. La version 15 inclut également OpenZFS 2.4.0-rc4, OpenSSL 3.5.4 et OpenSSH 10.0 p2, ainsi que de nouveaux systèmes de cryptage résistants aux attaques quantiques. Un nouveau sous-système inotifier, compatible avec son équivalent Linux, permet de surveiller les dossiers pour détecter toute modification, ce qui est utile pour les outils de sécurité et d’indexation.
La dernière version de Firefox et une version récente de GNOME Web sont dans les référentiels, couvrant la plupart des bases
L’installation de FreeBSD 15 s’est avérée plus simple que les versions précédentes. L’équipe de test a réussi à installer le système dans une machine virtuelle VirtualBox, en configurant UEFI et en utilisant le script desktop-installer. L’environnement de bureau Lumina, natif de FreeBSD, a été testé avec succès, bien que l’installation de CDE (Common Desktop Environment) ait rencontré des difficultés. FreeBSD 15 offre une expérience utilisateur plus conviviale et moins complexe que les versions précédentes.
Bien que FreeBSD ne dispose pas de versions natives de Chrome, VSCode, Slack ou Discord, il offre une alternative avec Firefox (version 145.0.2 au moment de la rédaction) et GNOME Web (Epiphany 47). Pour ceux qui recherchent un environnement plus minimaliste, FreeBSD est une excellente option. L’utilisation de FreeBSD en tant que système d’exploitation de bureau ou de serveur est de plus en plus facile, et il constitue une alternative viable à Linux pour les utilisateurs expérimentés.
Comme l’a exprimé un passionné dans une lettre d’amour à FreeBSD, ce système d’exploitation continue d’attirer une communauté fidèle et passionnée.
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