Home DivertissementL’Espagne se retire de l’Eurovision en raison de la participation d’Israël

L’Espagne se retire de l’Eurovision en raison de la participation d’Israël

by Antoine Girard

Publié le 4 décembre 2025 21:24:00. L’Union européenne de radiodiffusion (UER) a confirmé la participation d’Israël à l’Eurovision 2026, déclenchant un retrait immédiat de plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, en signe de protestation.

  • L’UER a adopté une série de réformes concernant le vote, notamment une réduction du poids du vote télévisé et le rétablissement de jurys d’experts.
  • Quatre pays ont annoncé leur retrait du concours en raison de la participation israélienne, invoquant des préoccupations liées aux droits de l’homme à Gaza.
  • La décision de l’UER souligne les tensions géopolitiques croissantes qui affectent le concours musical.

La décision de l’Union européenne de radiodiffusion (UER) d’autoriser la participation d’Israël à l’Eurovision 2026 a provoqué une onde de choc parmi ses membres, conduisant au retrait de plusieurs pays. L’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie ont annoncé quitter la compétition, conformément à leurs déclarations antérieures.

Ces nations, ainsi que l’Islande, avaient menacé de se retirer si Israël était autorisé à participer, en raison de ses actions à Gaza. Lors d’une assemblée générale de l’UER tenue jeudi à Genève, les membres – représentant 68 chaînes publiques de radio et de télévision de 56 pays – ont approuvé une série de réformes qui ont permis à Israël de rester dans le concours.

Les réformes, adoptées par une majorité de 738 voix contre 264 et 120 abstentions, comprennent une réduction de la proportion du vote télévisé (de 20 % à 10 %), la réintroduction de jurys d’experts lors des demi-finales et le renforcement des mesures de sécurité pour prévenir la fraude et les manipulations.

Le vote s’est déroulé à bulletin secret, à la demande d’un groupe de pays, dont l’Espagne, selon des sources proches de l’assemblée.

La décision de l’UER a immédiatement entraîné l’annonce du retrait de l’Espagne, de l’Irlande, des Pays-Bas et de la Slovénie. L’Islande, également opposée à la participation d’Israël, n’a pas encore fait de déclaration, tandis que la Belgique a indiqué qu’elle prendrait une décision concernant sa participation “dans les prochains jours”.

« Ce qui s’est passé à l’Assemblée de l’UER confirme que l’Eurovision n’est pas un concours de chanson mais un festival dominé par des intérêts géopolitiques et fracturés. »

José Pablo López, président de la chaîne publique espagnole RTVE

La chaîne irlandaise RTÉ a également exprimé son désaccord, affirmant que la participation de l’Irlande restait “inacceptable compte tenu des terribles pertes de vies humaines à Gaza et de la crise humanitaire qui continue de mettre en danger la vie de nombreux civils”.

La chaîne publique néerlandaise Avrotros a été particulièrement critique, soulignant que la poursuite de la participation israélienne, malgré les allégations d’ingérence politique dans les éditions précédentes du festival, la restriction de la liberté de la presse et les “souffrances humanitaires” à Gaza, dépassait “les limites” qu’elle était prête à accepter en tant que “service public”.

L’Eurovision, un terrain récurrent de conflits politiques

Les problèmes politiques à l’Eurovision ne sont pas nouveaux, comme l’a rappelé la chaîne publique slovène RTV en annonçant son retrait. La chaîne a souligné les difficultés rencontrées par ses journalistes pour accéder à Gaza, où plus de 200 personnes ont été tuées.

« Nos journalistes n’étaient pas autorisés, et ne sont toujours pas autorisés, à entrer à Gaza. L’année dernière, nous avons vu que l’action israélienne était politique. N’oubliez pas que nous avons interdit à un chanteur russe de se produire en Ukraine. En 2017, nous avons ouvert la boîte de Pandore à Stockholm lorsqu’une chanson politique a gagné et depuis, nous combattons la politique à l’Eurovision. »

RTV slovène

Il reste à savoir si l’Islande suivra le mouvement et se retirera également, et si la Belgique se joindra au boycott d’Israël.

L’Autriche, pays hôte de l’édition 2026, a déclaré que la décision prise à Genève était “appropriée dans une démocratie”, résultant d’un vote après un débat et une écoute attentive de tous les arguments.

Roland Weissmann, directeur général de l’ORF (réseau de radiodiffusion autrichien), a affirmé en quittant les locaux de l’UER à Genève que la réunion était “le signe parfait d’une UER en bonne santé. C’était un signal fort que nous ne sommes pas divisés, que nous sommes unis”.

M. Weissmann a minimisé l’impact de l’absence de certains pays et les pertes financières potentielles. Cependant, l’impact sur l’audience mondiale sera notable, car les quatre pays qui ont annoncé leur retrait ont également indiqué qu’ils ne diffuseront ni les demi-finales ni la finale du concours, qui aura lieu à Vienne le 16 mai.

You may also like

Leave a Comment