L’Assemblée générale des Nations unies est à la croisée des chemins. Alors qu’elle s’efforce depuis des décennies d’améliorer son fonctionnement, une nouvelle impulsion est nécessaire pour éviter que les efforts de réforme ne se résument à une série de recommandations sans effet concret, selon des observateurs.
La question de la revitalisation des travaux de l’AGNU et de ses commissions majeures est inscrite à l’ordre du jour depuis 1991, sous l’impulsion notamment de l’ambassadeur saoudien Samir Shihabi. Depuis 2005, un groupe de travail spécial a été créé sous la direction de l’ambassadeur suédois Jan Eliasson, aboutissant à plus de 200 propositions dans 30 domaines différents. L’actuelle présidente de l’Assemblée générale, l’Allemande Annalena Baerbock, entend désormais donner un nouvel élan à ce processus.
Une priorité soulevée par plusieurs acteurs est la nécessité d’une plus grande transparence et d’une meilleure efficacité dans la sélection du prochain secrétaire général de l’ONU. Après neuf secrétaires généraux successifs de sexe masculin, l’idée d’une femme à ce poste gagne du terrain. L’Assemblée générale, dans sa résolution A/79/372 adoptée le 5 septembre 2024, « encourage les États membres à envisager sérieusement de désigner des femmes comme candidates ».
Par ailleurs, des inquiétudes persistent quant à l’implication du secrétaire général dans la résolution des conflits internationaux. Kul Chandra Gautam, ancien directeur général adjoint de l’UNICEF, a récemment appelé le secrétaire général à adopter une diplomatie plus active et visible, quittant sa position prudente.
La situation financière de l’ONU est également source de préoccupation. Les arriérés de contributions aux opérations de maintien de la paix s’élèvent à 3,16 milliards de dollars (environ 3,3 milliards d’euros), et les contributions impayées au budget ordinaire atteignent 2,27 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d’euros). Ces difficultés financières ne sont pas uniquement dues aux récentes retenues de paiements de certains États, mais à un problème structurel de financement.
Enfin, l’importance de la participation de la société civile aux travaux de l’ONU est soulignée. L’ancien président de l’AGNU, Volkan Bozkir, a affirmé que la société civile est « le pilier de la démocratie » et qu’il est nécessaire de trouver un moyen de la représenter au sein de l’organisation. Une participation formelle et mandatée de la société civile, ainsi qu’une véritable consultation avec elle, pourraient renforcer la crédibilité de l’ONU, selon les experts.
Annalena Baerbock, dans son rôle de présidente, a l’opportunité de mener à bien ces réformes et de revitaliser l’Assemblée générale, l’organe multilatéral le plus universel au monde. Il est crucial que les États membres et les dirigeants de l’ONU travaillent ensemble pour définir des actions urgentes et significatives, afin que les efforts de revitalisation ne se limitent pas à une répétition de recommandations déjà formulées.