Publié le 5 décembre 2025 à 10h35. Une plainte pour parjure a été déposée contre le sénateur Rodante Marcoleta aux Philippines, suite à des déclarations publiques remettant en question la transparence de ses financements de campagne pour les élections sénatoriales de 2025.
- Le groupe de surveillance électorale Kontra Daya accuse le sénateur Marcoleta d’avoir sciemment omis de déclarer des contributions à sa campagne.
- La plainte se base sur les propres aveux du sénateur, lors d’une interview télévisée, concernant la nécessité de dissimuler l’identité de ses donateurs.
- Les plaignants estiment que ces déclarations constituent un parjure, en violation du Code pénal révisé.
Une plainte formelle pour parjure a été déposée vendredi 5 décembre auprès du Bureau du Médiateur contre le sénateur Rodante Marcoleta. L’initiative émane du groupe de surveillance des élections Kontra Daya, représenté par Danilo Arao, Alexander Lacson et Dino de Leon. La plainte fait suite à des propos tenus par le sénateur Marcoleta lors d’une interview télévisée le 7 novembre dernier.
Selon les plaignants, le sénateur a admis avoir reçu des contributions pour sa campagne en vue des élections sénatoriales du 12 mai 2025, mais a délibérément indiqué un montant de zéro contribution dans sa Déclaration des Contributions et Dépenses (SOCE – Statement of Contributions and Expenditures), un document requis par la loi sous serment. « De son propre aveu, l’intimé a publiquement reconnu avoir reçu des contributions pour la campagne des élections sénatoriales du 12 mai 2025, mais a délibérément déclaré zéro contribution dans son SOCE sous serment », est-il précisé dans le document.
La plainte invoque l’article 183 du Code pénal révisé, qui punit toute personne qui, après avoir prêté serment devant un officier compétent, affirme sciemment et délibérément un mensonge sur une question importante. Les plaignants soutiennent que le sénateur Marcoleta a consciemment choisi de déclarer aucune contribution afin d’éviter de révéler l’identité de ses donateurs, alors qu’il était légalement tenu de le faire.
Ils citent notamment une déclaration du sénateur, dans laquelle il explique qu’indiquer un montant de contribution l’obligerait à divulguer le nom des donateurs, en raison de l’existence d’un document appelé « acte d’acceptation de don ».
« Maintenant, lorsque vous indiquerez un chiffre dans la contribution, je serai obligé de divulguer son nom. Savez-vous pourquoi ? Il y a une pièce jointe appelée acte d’acceptation de don. Maintenant, je serai obligé de le mettre à zéro. Parce que si j’ajoute ce montant, je serai obligé de divulguer votre identité une par une. »
Rodante Marcoleta, sénateur
Les plaignants interprètent l’utilisation du terme « mapipilitan » (qui pourrait être traduit par « forcé ») non pas comme une contrainte, mais comme la reconnaissance d’une obligation légale que le sénateur a intentionnellement choisi de contourner. Ils soulignent également que l’explication du sénateur selon laquelle ses donateurs lui ont demandé de considérer leurs contributions comme une « utang na loob » (une dette de gratitude) confirme une volonté délibérée de dissimulation.
La plainte rappelle également l’article 10 du Code électoral omnibus, qui exige de chaque candidat et trésorier de parti politique de déposer, dans les délais impartis, une déclaration complète, véridique et détaillée de toutes les contributions et dépenses liées à l’élection. Elle précise que cette obligation s’étend à un état supplémentaire des contributions et dépenses non incluses dans la déclaration initiale, à déposer dans les 30 jours suivant le scrutin.
Les plaignants insistent sur le fait que le sénateur Marcoleta, en tant qu’avocat et homme politique expérimenté, était parfaitement conscient de ces obligations légales et des conséquences de la soumission de fausses déclarations sous serment. Ils affirment qu’il a délibérément déformé ses contributions pour empêcher l’identification de ses donateurs.
Ils notent que, depuis le dépôt de sa SOCE le 10 juin, aucune contestation n’a été soulevée quant à sa validité formelle. « Il est donc présumé avoir été régulièrement notarié conformément aux exigences de la Comelec et au Règlement sur l’usage notarial », indiquent-ils.
Enfin, les plaignants estiment que le parcours professionnel du sénateur Marcoleta exclut toute allégation de confusion ou d’inadvertance, et que tous les éléments constitutifs du parjure sont réunis.
GMA News Online a tenté de contacter le sénateur Marcoleta pour obtenir un commentaire, sans succès pour le moment. L’article sera mis à jour dès que sa réponse sera disponible.
Pour plus d’informations et de mises à jour concernant les élections de 2025, consultez le Microsite Élection 2025 de GMA News Online.
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