Publié le 6 décembre 2023. Les voitures électriques, de plus en plus présentes sur nos routes, sont impliquées dans un nombre disproportionné d’accidents impliquant des piétons. Des chercheurs japonais pourraient avoir trouvé une solution : un nouveau type de signal sonore, inspiré du bruit de la mer, pour améliorer leur sécurité.
- Les voitures électriques sont plus souvent impliquées dans des accidents avec des piétons que les véhicules à moteur thermique, en raison de leur silence.
- Des chercheurs japonais ont développé un signal sonore basé sur le « bruit rose », perçu comme agréable et facilement audible.
- Un équilibre délicat doit être trouvé entre un signal d’avertissement efficace et un son qui ne soit pas perçu comme agressif.
Le silence des véhicules électriques, bien que bénéfique pour la réduction de la pollution sonore, représente un défi en matière de sécurité routière. Les piétons, habitués à entendre le bruit des moteurs thermiques, peuvent être pris au dépourvu par l’arrivée silencieuse d’une voiture électrique. Pour pallier ce problème, l’Union européenne et la Suisse ont rendu obligatoire l’installation d’un système d’alerte sonore (AVAS – Acoustic Vehicle Alerting System) sur tous les véhicules électriques neufs.
Cependant, l’efficacité de ces systèmes est remise en question, comme en témoigne le nombre d’accidents impliquant des voitures électriques. Selon Ercan Altinsoy, professeur d’acoustique à l’université de Dresde, le problème réside en partie dans la définition des valeurs limites, qui privilégient la réduction du bruit au détriment de la détectabilité. Il explique :
« Le bruit rose s’apparente au bruit de la mer. C’est l’un des bruits les plus agréables car il ne contient pas autant de composantes hautes fréquences. Les fréquences plus basses sont perçues par les gens – surtout en Europe – comme plus agréables et positives. »
Ercan Altinsoy, professeur d’acoustique à l’université de Dresde
Les chercheurs japonais proposent donc d’utiliser le « bruit rose », un son qui se rapproche du bruit de la mer, comme signal d’avertissement. Ce type de son est considéré comme agréable et moins agressif qu’un bip strident, tout en étant suffisamment audible pour alerter les piétons. Altinsoy reconnaît toutefois qu’il existe un conflit d’objectifs :
« Les bruits agréables peuvent être perçus comme moins un avertissement qu’un ton agressif. C’est en fait une certaine contradiction. Mais il existe aussi des bruits agréables qui servent de signal d’avertissement. »
Ercan Altinsoy, professeur d’acoustique à l’université de Dresde
Trouver le bon compromis est donc essentiel. Les constructeurs automobiles sont également confrontés à la difficulté de créer un son unique et reconnaissable pour leur marque, tout en respectant les normes de sécurité et en tenant compte des préférences des consommateurs. L’objectif ultime est de trouver un équilibre entre l’effet d’avertissement, la perception la plus agréable possible et la réduction globale du bruit, en particulier à basse vitesse.
Les voitures électriques doivent également se faire connaître en Suisse avec un bruit d’avertissement. Cela reste un défi pour tous les constructeurs de véhicules silencieux.
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