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Les Vénézuéliens aux Pays-Bas sentent la tension monter : « Le changement semble proche »

Publié le 6 décembre 2025 à 15h05, mis à jour le 6 décembre 2025 à 17h18. Des Vénézuéliens manifestent à travers le monde pour dénoncer la situation politique et économique de leur pays, notamment à Utrecht où ils…

Les Vénézuéliens aux Pays-Bas sentent la tension monter : « Le changement semble proche »

Publié le 6 décembre 2025 à 15h05, mis à jour le 6 décembre 2025 à 17h18. Des Vénézuéliens manifestent à travers le monde pour dénoncer la situation politique et économique de leur pays, notamment à Utrecht où ils réclament « paix et liberté ».

  • Des manifestations ont eu lieu à Utrecht pour exprimer le soutien à un changement politique au Venezuela.
  • La répression du régime de Nicolás Maduro a poussé près de huit millions de Vénézuéliens à fuir leur pays.
  • Le prix Nobel de la paix a été attribué à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, suscitant de nouvelles mobilisations.

La situation au Venezuela reste tendue, marquée par une crise économique profonde et une répression politique croissante. Des Vénézuéliens du monde entier ont manifesté leur mécontentement, et des dizaines d’entre eux se sont rassemblés cet après-midi à Utrecht pour faire entendre leur voix. Ils demandent la paix et la liberté dans leur pays d’origine.

Nombre de Vénézuéliens ne voient pas encore la paix, mais ils croient en la possibilité d’un changement. « Cela n’arrivera pas avec des élections », affirmait María (25 ans) cette semaine à NOS, en référence aux tensions entre le Venezuela et les États-Unis, qui semblent viser un changement de pouvoir à Caracas.

María, qui a fui le Venezuela en 2017, estime que « ce n’est peut-être pas la meilleure option, mais c’est la seule chance de changement ». Cette année-là, le pays a connu le plus grand exode migratoire de son histoire, en raison des crises économiques et politiques qui le secouent. Une pénurie généralisée s’est installée : « Même si vous parveniez à trouver un morceau de pain, vous ne pourriez soudainement plus vous le permettre le lendemain à cause de l’inflation qui monte en flèche », témoigne-t-elle.

Peur de la persécution

Les protestations ont été violemment réprimées par le régime de Nicolás Maduro. Selon les Nations Unies, près de huit millions de Vénézuéliens ont désormais fui le pays. Parler de la situation au Venezuela est difficile pour beaucoup, par crainte de représailles du régime, tant sur place qu’à l’étranger. Seuls quelques Vénézuéliens ont accepté de témoigner auprès de NOS, craignant de mettre leur famille en danger. Ceux qui osaient s’exprimer se taisent désormais.

Points de contrôle

Depuis l’intensification des tensions, la répression du régime de Maduro s’est accrue. Dans les grandes villes, comme Caracas, des contrôles sont effectués dans les rues, et les téléphones portables sont fouillés à la recherche d’informations pouvant suggérer un soutien au président américain Trump, comme le rapporte le Miami Herald. María dénonce cette situation : « Ils ne font que voler, ils ne se soucient pas de ce qui nous arrive. »

La méfiance envers le régime a atteint son paroxysme à l’été 2024, lorsque la commission électorale a déclaré Maduro vainqueur de l’élection présidentielle. De nombreux pays n’ont pas reconnu ce résultat, dénonçant une fraude électorale massive.

(Auto)censure

Les discussions sur le régime, les tensions et une éventuelle intervention sont évitées en ligne. Une censure stricte est en vigueur au Venezuela, où les journalistes, militants et opposants politiques sont systématiquement arrêtés et souvent détenus sans procès équitable. Selon l’organisation de défense des droits humains Foro Pénal, plus de 800 prisonniers politiques sont actuellement incarcérés dans le pays, dont le sort est souvent inconnu, ce qui, selon l’organisation, pourrait constituer des disparitions forcées.

« Des montagnes russes d’émotions »

« La liberté d’expression n’existe pas au Venezuela », déclare Dianny (32 ans), qui vit aux Pays-Bas depuis cinq ans. Elle ressent également la tension monter de jour en jour : « Chaque jour est une montagne russe d’émotions. » Elle n’a pas perdu espoir, mais compte désormais sur la pression exercée par les États-Unis : « C’est le seul pays qui peut nous aider à sortir de cette situation, la communauté internationale reste silencieuse. »

María et Dianny affirment que beaucoup a été perdu sous le régime de Maduro, ainsi que sous celui de son prédécesseur Hugo Chávez. « Les gens ont dû partir, pas par choix », explique Dianny. « Le fait que le changement semble désormais proche donne de l’espoir. »

Les Vénézuéliens manifestent aujourd’hui pour ces raisons. La semaine prochaine, le prix Nobel de la paix sera décerné à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, bien qu’il reste incertain si elle pourra le recevoir. L’Institut Nobel d’Oslo a confirmé aujourd’hui, selon l’agence de presse AFP, qu’elle a confirmé sa présence.

Lors de l’annonce, Machado a souligné qu’elle ne méritait pas ce prix seule. C’est pourquoi son parti organise aujourd’hui des manifestations dans plus d’une centaine de villes sous le slogan « Le Nobel nous appartient à tous ».

Pour en savoir plus sur le Venezuela, regardez cette vidéo explicative de NOS op 3 :

Venezuela : tant de pétrole et pourtant la terre est pauvre

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.