Publié le 7 décembre 2025 20h32. Une récente étude de Quantum révèle que la politique monétaire restrictive de la Banque centrale argentine (BCRA) a contribué à une augmentation des défauts de paiement, mais que le retour à des taux d’intérêt plus bas après les élections législatives pourrait limiter cette tendance.
- La hausse des taux d’intérêt avant les élections a entraîné une augmentation des impayés, notamment chez les particuliers.
- La baisse des taux après les élections a inversé cette tendance, avec une compression des taux effectifs mensuels.
- Bien que la situation reste à surveiller, Quantum estime que les défauts de paiement ne constituent pas une menace majeure pour la stabilité du système bancaire argentin.
La qualité du crédit au sein du système bancaire argentin a été affectée par les fluctuations récentes des taux d’intérêt, selon un rapport publié par Quantum. L’étude souligne que la politique monétaire restrictive adoptée par la BCRA avant les élections législatives a eu un impact direct sur la capacité de remboursement des entreprises et des ménages.
« Le taux d’intérêt a été abaissé, les impayés sont désormais surveillés », titre le dernier rapport hebdomadaire de Quantum. L’analyse met en évidence un contraste marqué entre la stabilité des taux observée au premier semestre et la forte augmentation intervenue au troisième trimestre. Cette dernière s’explique par une politique monétaire axée sur la réduction de la demande de monnaie, ce qui a entraîné des taux effectifs mensuels (TEM) très élevés en termes réels.
Par exemple, les avances sur comptes courants ont atteint un pic de 16 % en TEM nominal, soit un taux réel supérieur à 13,5 %. Le taux TAMAR (taux passif pour les dépôts supérieurs à 20 000 ou 1 milliard de dollars, selon la source) a également grimpé à 3 % en termes réels.
Cependant, la situation a évolué après la victoire officielle aux élections législatives. Quantum observe des « pertes notables » dans les taux d’intérêt. Le taux mensuel effectif des avances, principalement accordées aux entreprises et à court terme, a diminué de 8,5 points de pourcentage. Le taux TAMAR est tombé à 2,5 % nominal, à peine supérieur à l’inflation mensuelle, et celui des prêts personnels a reculé de 5,8 points de pourcentage en moyenne.
Avant les élections, l’augmentation du coût du crédit avait également freiné l’activité économique dans plusieurs secteurs, affectant ainsi le niveau des salaires. Ce facteur a contribué à l’augmentation des impayés. Les données les plus récentes indiquent un taux moyen de 4,2 % du portefeuille total, mais ce chiffre est beaucoup plus élevé pour les familles (7,3 %) que pour les entreprises (1,7 %).
Au sein des ménages, les défauts de paiement les plus importants concernent les prêts personnels (22 % du portefeuille bancaire, avec un taux de défaut de 9,1 %) et les cartes de crédit (26 % du portefeuille, avec un taux de défaut de 6,7 %). Pour les entreprises, les avances sur comptes courants présentent le taux de délinquance le plus élevé (3,9 % pour ce segment, qui représente 11 % du portefeuille total).
Selon Quantum, l’augmentation des paiements par rapport aux revenus nominaux est l’un des principaux facteurs expliquant les défauts de paiement des familles. « La réduction du taux d’inflation (et l’augmentation nominale du revenu à un rythme légèrement supérieur à l’inflation) entraîne une moindre réduction du capital emprunté et, par conséquent, représente une proportion plus importante que prévu du revenu total, réduisant ainsi la capacité d’achat future », explique l’étude, illustrant ainsi l’effet ciseaux de la hausse des taux et de la stagnation ou de la légère baisse des salaires.
De plus, pour les prêts à taux variable, la capacité de paiement est directement liée à l’écart entre l’évolution des salaires réels et celle des taux d’intérêt réels. En comparant l’indice formel des salaires du secteur privé et le taux d’intérêt réel d’un prêt personnel, Quantum constate qu’entre décembre 2023 et mai 2024, les salaires ont augmenté plus rapidement que les taux réels. Cependant, depuis juin dernier, les taux réels non seulement sont restés positifs, mais ont également dépassé de manière continue la variation des salaires réels, créant ainsi un écart accumulé significatif.
Cette dynamique, si elle persiste, pourrait devenir insoutenable. Toutefois, le rapport souligne que le réajustement des taux d’intérêt à des niveaux plus adaptés à l’activité économique et aux revenus, « même si les situations restent à clarifier », devrait limiter la récente tendance à la hausse des impayés bancaires. En conclusion, Quantum estime que « la situation de ces indicateurs ne semble pas constituer une menace ou un sujet d’inquiétude pour les banques, compte tenu de la solvabilité du système bancaire dans son ensemble ».