Publié le 8 décembre 2023. L’ancien porte-parole présidentiel philippin, Harry Roque, a mis en garde le sénateur Ronald Dela Rosa contre un éventuel voyage à l’étranger, suite à la révélation d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre. Cette situation intervient dans le contexte des enquêtes sur la guerre contre la drogue menée sous l’administration Duterte.
- Un mandat d’arrêt de la CPI aurait été émis contre le sénateur Ronald Dela Rosa.
- Harry Roque conseille à Dela Rosa de ne pas quitter les Philippines et de réclamer un procès devant un tribunal national.
- Les autorités philippines affirment n’avoir reçu aucune communication officielle de la CPI à ce sujet.
L’ancien porte-parole présidentiel, Harry Roque, a exprimé son inquiétude sur les réseaux sociaux, exhortant le sénateur Ronald « Bato » Dela Rosa à rester aux Philippines. Dans un message publié le 7 décembre, il a écrit :
« Sénateur Bato, votre mandat d’arrêt est sorti ! Ne vous laissez pas kidnapper ! Insistez sur le fait que vous avez le droit d’être d’abord traduit devant un tribunal philippin ! »
Harry Roque, ancien porte-parole présidentiel
Cette mise en garde fait suite à une déclaration antérieure du médiateur général Jesus Crispin Remulla, qui a révélé que la CPI avait ordonné l’arrestation de Dela Rosa en raison de son implication présumée dans des exécutions extrajudiciaires survenues pendant la campagne anti-drogue menée sous la présidence de Rodrigo Duterte.
Cependant, plusieurs ministères philippins ont contredit ces affirmations. Le ministère de la Justice, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur et du Gouvernement local ont déclaré n’avoir reçu aucune notification officielle de la CPI concernant un mandat d’arrêt contre Dela Rosa. Le ministère de l’Intérieur a également précisé qu’Interpol n’avait pas émis de notice rouge à son nom.
Ronald Dela Rosa a occupé le poste de chef de la police nationale philippine de 2016 à 2018, période durant laquelle il a supervisé la mise en œuvre de la controversée guerre contre la drogue initiée par l’ancien président Duterte. Cette campagne a été marquée par un nombre élevé de décès et a suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme.
Par ailleurs, Rodrigo Duterte, qui a été arrêté plus tôt cette année, est lui-même confronté à des accusations de crimes contre l’humanité devant la CPI.
Depuis que Remulla a fait part de l’existence du mandat d’arrêt, Dela Rosa est absent de la sphère publique et n’a pas assisté aux séances du Sénat.
Il est à noter que Harry Roque, lui-même confronté à des accusations de traite d’êtres humains en lien avec les activités de Lucky South 99, un opérateur de jeux offshore philippin, a demandé l’asile aux Pays-Bas.
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