Home NouvellesÀ Strasbourg, les Frères musulmans soupçonnés de vouloir peser sur les prochaines élections municipales

À Strasbourg, les Frères musulmans soupçonnés de vouloir peser sur les prochaines élections municipales

by Nicolas Lefèvre

À moins de trois mois du scrutin, l’approche des élections municipales suscite l’inquiétude de certains experts face à des stratégies de campagne ciblant spécifiquement l’électorat musulman. À Strasbourg, deux candidats sont particulièrement scrutés pour des propositions qui, selon une chercheuse, pourraient révéler une volonté d’influence des Frères musulmans.

Les élections municipales, prévues les 15 et 22 mars prochains, voient déjà les candidats se positionner dans les différentes villes de France. Si la plupart cherchent à séduire l’ensemble des électeurs, certains, issus principalement de partis de gauche, misent sur un discours communautaire pour se démarquer.

À Strasbourg, deux candidats ont déjà attiré l’attention. Cem Yoldas, du Nouveau Parti Anticapitaliste, a choisi de traduire ses tracts électoraux en alsacien, en turc et en arabe, justifiant cette démarche par la volonté de « se faire comprendre de tous ». Fahad Raja Muhammad, menant la liste du Mouvement populaire indépendant (MPI), propose quant à lui des créneaux horaires différenciés pour les femmes et les hommes dans les piscines publiques, au nom de la « protection des femmes ».

Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste des Frères musulmans, met en garde contre ces initiatives. « Il s’agit d’un calcul électoral, » explique-t-elle. « Ces tracts communautaires, on les observe déjà en Allemagne et en Belgique, et ils contribuent à la construction d’un vote communautaire, d’un vote spécifiquement musulman. »

Selon la chercheuse, ces pratiques politiques sont de plus en plus courantes et assumées, reflétant un affaiblissement de la vigilance sur les questions de laïcité. « Jusqu’à présent, les Frères musulmans agissaient plutôt en coulisses, en utilisant les partis existants, » précise Florence Bergeaud-Blackler. « Mais progressivement, ils commencent à créer leurs propres formations politiques. » Elle conclut en soulignant les enjeux démocratiques : « Si nous ne sommes pas vigilants, c’est notre démocratie qui sera en danger. »

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