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Les débuts de Magnum souffrent d’un frisson alors que la querelle de Ben & Jerry s’attarde | Nouvelles de l’argent

Publié le 24 septembre 2025 à 09h15. La société de crème glacée Magnum, désormais indépendante du groupe Unilever, a fait ses débuts en bourse avec une légère baisse de son cours, tandis qu'une lutte interne persiste avec les…

Les débuts de Magnum souffrent d’un frisson alors que la querelle de Ben & Jerry s’attarde | Nouvelles de l’argent

Publié le 24 septembre 2025 à 09h15. La société de crème glacée Magnum, désormais indépendante du groupe Unilever, a fait ses débuts en bourse avec une légère baisse de son cours, tandis qu’une lutte interne persiste avec les fondateurs de Ben & Jerry’s concernant l’avenir de la marque.

  • Les actions de Magnum ont ouvert à 12,20 € à Amsterdam, en baisse par rapport au prix de référence de 12,80 €.
  • La scission vise à permettre à Unilever de se concentrer sur ses marques grand public et à Magnum de devenir le premier acteur mondial de la crème glacée.
  • Un conflit de longue date oppose Magnum aux fondateurs de Ben & Jerry’s, notamment concernant la vente de glaces dans les territoires palestiniens occupés.

La scission de Magnum Ice Cream Company (TMICC) du géant Unilever a marqué ce lundi ses premiers pas en bourse, avec un accueil initial légèrement en deçà des attentes. L’action, cotée à Amsterdam, Londres et New York, a ouvert à 12,20 € – un recul par rapport au prix de référence de 12,80 € fixé par Euronext – avant de se stabiliser peu après. Cette introduction en bourse valorise l’entreprise à environ 7,9 milliards d’euros (environ 7 milliards de livres sterling).

Cette opération stratégique permet à Unilever, basé à Londres, de recentrer ses efforts sur un portefeuille de marques grand public plus large, incluant des noms familiers tels que Marmite, Dove et Domestos. La décision de se séparer de sa division glaces, prise au début de l’année 2024, s’inscrit dans une volonté de capitaliser sur un marché en croissance, estimée à 4 % par an jusqu’en 2029.

Cependant, cette nouvelle ère pour Magnum est assombrie par un différend persistant avec les cofondateurs de Ben & Jerry’s, une marque désormais intégrée à TMICC et représentant 14 % de son chiffre d’affaires. Unilever avait acquis la marque américaine en 2000, mais les relations se sont détériorées au fil du temps, malgré la création d’un conseil d’administration indépendant censé protéger les valeurs sociales de Ben & Jerry’s.

La controverse la plus médiatisée a éclaté en 2021, lorsque Ben & Jerry’s a annoncé qu’elle ne vendrait plus de glaces dans les territoires palestiniens occupés par Israël, estimant que cela serait « incompatible » avec ses principes. Unilever a réagi en vendant l’entreprise à son franchisé israélien.

Depuis, une série de désaccords ont suivi, Magnum refusant les demandes répétées des fondateurs de Ben & Jerry’s de revendre la marque. Magnum et Unilever affirment que la mission de Ben & Jerry’s s’est éloignée de ce qui était acceptable en 2000, la marque étant devenue une plateforme de plaidoyer unilatéral sur des sujets sensibles, susceptible de nuire à sa réputation et à ses activités.

TMICC tente actuellement de destituer la présidente du conseil d’administration indépendant de Ben & Jerry’s. Le groupe a déclaré le mois dernier qu’Anuradha Mittal « ne répondait plus aux critères » pour occuper ce poste, suite à des enquêtes internes. Un audit de la Fondation Ben & Jerry’s, dont elle est également administratrice, a révélé des lacunes dans les contrôles financiers et la gouvernance. Magnum a averti que la branche caritative pourrait perdre son financement si ces problèmes n’étaient pas résolus.

L’agence Reuters a rapporté que Mme Mittal n’avait pas l’intention de démissionner et a accusé Magnum de tenter de la « discréditer » et de saper l’autorité du conseil d’administration indépendant.

Peter ter Kulve, le directeur de Magnum, a déclaré lundi :

« Aujourd’hui marque une étape importante pour tous ceux qui sont impliqués dans TMICC. Nous sommes devenus le leader mondial de la crème glacée en tant que membre de la famille Unilever. Désormais, en tant que société indépendante, nous serons plus agile, plus concentré et plus ambitieux que jamais. »

Aarin Chiekrie, analyste actions chez Hargreaves Lansdown, a commenté la scission en soulignant : « TMICC affiche déjà un flux de trésorerie disponible positif et est rentable en soi. Le bilan est solide, mais les dividendes ne sont pas envisagés avant 2027, le temps pour le groupe de trouver ses marques en tant qu’entreprise autonome. Cela pourrait exercer une certaine pression à la baisse sur le cours de l’action à court terme, car les fonds d’investissement axés sur les dividendes qui détiennent des actions Unilever pourraient être contraints de les vendre pour respecter leur mandat d’investissement. »

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.