Publié le 8 décembre 2025. Une nouvelle application de paiement suisse, Pimpay, promet de concurrencer Twint en offrant des transactions sans frais, une proposition qui pourrait séduire particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME) lassées des commissions actuelles.
- De nombreux commerçants critiquent les frais de transaction jugés trop élevés imposés par Twint.
- Pimpay, dont le lancement est prévu en 2026, propose un modèle basé sur des frais mensuels fixes et un système de crédit prépayé.
- L’application se distingue de Twint en ne nécessitant pas de lien direct avec un compte bancaire personnel.
La solution de paiement Twint est de plus en plus contestée en Suisse, notamment en Romandie où certains commerçants appellent ouvertement au boycott, estimant que les frais prélevés par l’application impactent leurs marges. Face à ce mécontentement, une alternative est en préparation : Pimpay, une application qui mise sur la gratuité des transactions.
Contrairement au modèle de Twint, qui facture une commission sur chaque opération, Pimpay prévoit des frais mensuels fixes pour ses utilisateurs professionnels. Selon les informations rapportées par le Tages-Anzeiger, les petits commerçants pourraient même être exemptés de ces frais. Le tarif mensuel moyen serait de 9 francs suisses, montant porté à 29 francs suisses pour les entreprises réalisant un volume de transactions élevé.
Pimpay ambitionne également de proposer une plateforme publicitaire permettant aux entreprises de promouvoir leurs offres spéciales directement dans l’application, moyennant des frais supplémentaires. L’application fonctionnera sur le principe d’une carte prépayée, comme le Swiss Pass, nécessitant un dépôt préalable de fonds. Le montant maximal des transactions n’a pas encore été défini.
Pour l’instant, Pimpay se limitera aux paiements via QR code. L’intégration des terminaux de paiement est prévue ultérieurement, mais entraînera des frais similaires à ceux pratiqués par Twint. André Renfer, de Pimpay, se montre néanmoins confiant quant à sa capacité à proposer des conditions plus avantageuses. Il illustre cette différence avec un exemple concret : une entreprise réalisant un chiffre d’affaires mensuel de 100 000 francs suisses paierait 1 300 francs de frais à Twint, contre seulement 29 francs avec Pimpay.
L’arrivée de Pimpay suscite des réactions dans le secteur. Dagmar Jenni, directrice de la Fédération suisse du commerce de détail, a déclaré au Tages-Anzeiger :
« Nous accueillons favorablement toute concurrence sur le marché. Cependant, nous avons constaté que les clients hésitent généralement à installer une nouvelle application s’ils disposent déjà d’une solution fonctionnelle. »
Dagmar Jenni, directrice de la Fédération suisse du commerce de détail
Pour réussir, Pimpay devra donc proposer un avantage significatif pour inciter les utilisateurs à changer d’application. Jenni estime toutefois que l’offre pourrait séduire les petits commerçants locaux.
Le lancement de Pimpay est prévu dans un premier temps dans le canton de Vaud, avant de s’étendre aux régions de Bienne, Neuchâtel et Lausanne. L’objectif est ensuite de déployer l’application dans toute la Suisse alémanique.
Pimpay est une start-up fondée par trois experts du secteur financier et technologique suisse. L’équipe de direction est composée d’André Renfer, ancien membre de la direction de la Kreditarbank Lenzburg, qui supervise les opérations ; de Maxime Monod, co-fondateur d’une société de micropaiement, responsable de la technologie ; et de Maxime Charbonnel, ancien de la Banque Cantonale Vaudoise.
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