Un nouvel album illustré de Simon Boulerice, Je n’ai pas été invité, explore avec sensibilité les thèmes de l’exclusion et de la solitude chez les jeunes enfants. L’auteur, connu pour ses œuvres destinées à tous les âges, y revisite un souvenir d’enfance douloureux pour offrir un message d’espoir.
L’histoire suit Paul, un garçon qui préfère la compagnie des livres à celle de ses camarades de classe. Lorsque ses amis reçoivent des invitations pour l’anniversaire de Soleil, Paul se sent délaissé, se comparant à Pluton, la planète autrefois reconnue. Cette expérience, bien que vécue par un personnage fictif, résonne avec une réalité que beaucoup d’enfants peuvent connaître.
L’inspiration pour cet album est née d’un moment inattendu. Alors que Simon Boulerice donnait une présentation dans une école, une jeune fille l’a spontanément invité à sa fête. Ce geste a ravivé un souvenir enfoui : celui de ne pas avoir été inclus dans les célébrations de ses camarades. «Un souvenir enfoui de mon enfance – celui de n’avoir pas été invité comme les autres enfants de ma classe – est remonté à la surface et m’a donné le goût d’écrire sur le rejet», a-t-il expliqué à l’Agence QMI.
Les illustrations poétiques de l’album sont l’œuvre de Francis-William Rhéaume, un collaborateur de longue date de Boulerice. Les deux artistes avaient déjà uni leurs talents pour La grève des câlins (Éditions La Bagnole).
Simon Boulerice est un auteur prolifique qui aborde des sujets variés dans ses œuvres, sans se censurer, que ce soit pour les enfants, les adolescents ou les adultes. Il souligne l’importance de ne pas chercher à tout prix une fin heureuse et parfaite, mais plutôt d’offrir une lueur d’espoir. «Quand j’écris pour les ados, je ne me censure pas, pour les adultes encore moins. Pour les enfants, il n’est pas question de censure. Il faut juste garder en tête que même quand je parle d’un sujet triste, l’idée, ce n’est pas d’avoir une fin heureuse et parfaite, loin de là, mais qu’il y a une bonne craque de lumière à la fin», a-t-il précisé.
L’auteur a également évoqué le succès de ses œuvres précédentes, comme Les enfants à colorier, qui célèbre l’unicité de chaque enfant, et L’enfant mascara, une histoire poignante qui continue d’être étudiée dans les écoles. Il observe que les jeunes lecteurs sont souvent attirés par les récits les plus directs et les plus authentiques. «L’adolescence, ce n’est pas la période où l’on est le plus nuancé, et des fois, il y a des subtilités qu’on manque. La littérature in your face, les jeunes adorent ça», a-t-il affirmé.
Simon Boulerice sera également de la compétition la semaine prochaine dans le cadre des Fêtes de MasterChef Célébrités. Il a également mentionné qu’il ressentait un changement d’attitude de la part de ses pairs envers son travail en littérature jeunesse. «Pour moi, c’est un privilège de pouvoir me déposer dans leur mémoire, qui est souvent une mémoire vierge, un disque dur vierge. Je trouve ça très valorisant», a-t-il déclaré.
Enfin, Simon Boulerice a donné un aperçu de sa nouvelle série, Je te tiens, qui sera diffusée au printemps sur Crave. Cette série, mettant en vedette Juliette Gariépy, Antoine Pilon et Amaryllis Tremblay, explorera le thème de l’assistance sexuelle et les questions de droit à l’intimité et à la tendresse. «C’est un sujet tabou, naturellement, mais je trouve que c’est un sujet riche», a-t-il expliqué.
Je n’ai pas été invité de Simon Boulerice est disponible dès maintenant aux Éditions Québec Amérique (40 pages).