Douze anciens agents du FBI ont porté plainte pour licenciement abusif, affirmant avoir été sanctionnés par l’administration Trump pour avoir tenté de désamorcer des tensions lors des manifestations pour la justice raciale qui ont secoué Washington DC en 2020. L’affaire révèle une possible instrumentalisation politique au sein de l’agence fédérale.
La plainte, déposée lundi devant un tribunal de district américain, décrit une « campagne de représailles » orchestrée par l’administration de Donald Trump à l’encontre des agents perçus comme sympathisants aux manifestants, suite à la mort de George Floyd. Les agents en question soutiennent qu’ils se sont agenouillés non pas comme un acte de soutien politique, mais dans le but d’apaiser des situations potentiellement explosives.
Selon le document juridique, l’ancien président Trump avait publiquement critiqué ces agents – dont neuf étaient des femmes – sur les réseaux sociaux avant de quitter la Maison Blanche en 2024. Kash Patel, alors directeur du FBI, aurait ensuite donné des instructions pour leur licenciement, malgré un examen interne préalable qui avait conclu que leur action visait à calmer les esprits et non à prendre parti.
« Les accusés ont spécifiquement ciblé les plaignants en raison de leur tentative de désescalade avec les civils, une attitude perçue comme opposée au président Trump ou non alignée sur ses positions », est-il précisé dans la plainte. Les agents affirment avoir rencontré une foule hostile et craignaient une « confrontation meurtrière » comparable aux événements de Boston en 1770, où des soldats britanniques avaient tiré sur des manifestants. Une photographie de l’incident montre cependant les agents dans une posture détendue, sans signe apparent d’une menace imminente.
Les lettres de licenciement adressées aux douze agents les accusaient de « conduite non professionnelle », de « manque d’impartialité » et de « militarisation » du FBI. Cette affaire intervient dans un contexte de purges au sein de l’administration américaine, où des procureurs fédéraux ayant travaillé sur des enquêtes impliquant Donald Trump, ainsi qu’un employé affichant un drapeau LGBTQ+ sur son lieu de travail, ont également été limogés ces derniers mois.
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