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Donald endormi fait la sieste, l’Amérique perd

by Nicolas Lefèvre

L’image d’un président américain luttant contre le sommeil, autrefois impensable, est devenue une réalité troublante. Alors que Donald Trump entame sa deuxième année de mandat, des signes croissants de fatigue et de désengagement suscitent des inquiétudes quant à sa capacité à exercer ses fonctions.

Le contraste est frappant. En 2016 et 2020, Donald Trump avait fait de la vigueur physique de ses adversaires un argument de campagne, qualifiant Jeb Bush de « faible » et accusant Hillary Clinton de manquer d’« endurance ». Il avait même surnommé Joe Biden « Sleepy Joe », une moquerie qui, ironiquement, a trouvé un écho auprès de l’opinion publique à mesure que le président Biden semblait s’affaiblir au cours de son mandat. Aujourd’hui, c’est Trump lui-même qui donne du crédit à cette raillerie.

Des rapports récents soulignent des épisodes de somnolence de plus en plus fréquents lors de réunions importantes. Le Washington Post a révélé que le président Trump a fermé les yeux pendant de longues périodes lors d’une réunion de cabinet le 2 décembre 2025, semblant parfois s’endormir. Une analyse vidéo a montré que ses yeux sont restés fermés pendant près de six minutes au total, un comportement similaire à celui observé lors d’un événement à l’Oval Office le 6 novembre, où il a passé près de 20 minutes à lutter pour rester éveillé.

Ces incidents ne sont pas isolés. En avril 2024, pendant son procès à Manhattan, Donald Trump avait déjà été observé s’endormant à plusieurs reprises, sa tête tombant sur sa poitrine, selon le New York Times. Par ailleurs, son emploi du temps officiel a été considérablement réduit : le nombre d’événements publics a diminué de 39 % par rapport à sa première année de mandat en 2017, passant de 1 688 à 1 029 événements entre le 20 janvier et le 25 novembre.

Ce rythme irrégulier, marqué par des nuits tardives passées à publier sur les réseaux sociaux et des journées somnolentes, est inhabituel pour un chef d’État. Si Trump peut encore faire preuve d’énergie lors d’événements spécifiques, comme une récente rencontre avec le maire élu de New York, Zohran Mamdani, ou en recevant le Prix de la Paix de la FIFA (une récompense largement considérée comme une manœuvre de relations publiques), ces moments restent l’exception.

Face à ces observations, Donald Trump et ses partisans ont réagi par des démentis et des tentatives de diversion. Des alliés ont tenté de minimiser la situation, tandis que Trump lui-même a réaffirmé son contraste avec ses rivaux, affirmant que Joe Biden « bat tous les records de sommeil ». Cependant, la fatigue croissante du président soulève des questions légitimes sur son aptitude à diriger et sur les conséquences potentielles pour son second mandat.

L’affaiblissement apparent de Trump n’est pas sans danger. Il a permis à des conseillers aux idées extrêmes, tels que Stephen Miller, Robert F. Kennedy Jr., Pete Hegseth et Marco Rubio, de gagner en influence et de poursuivre des politiques controversées en matière d’immigration, de déréglementation et de militarisme. Avec un président moins attentif, ces politiques risquent de se durcir, rendant son second mandat potentiellement plus problématique que le premier.

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