Publié le 9 décembre 2023 14:35:00. Le film « La Femme », consacré à la légende de la chanson arabe Oum Kalthoum, invite le public à revivre l’atmosphère unique de ses concerts, un rituel culturel où l’élégance et la sobriété étaient de mise.
- Le film « La Femme » cherche à recréer l’expérience des concerts d’Oum Kalthoum, en encourageant le public à s’habiller avec élégance et respect.
- L’influence d’Oum Kalthoum dépassait largement le domaine artistique, impactant même les événements politiques et sociaux de son époque.
- La sortie du film coïncide avec le 127e anniversaire de la naissance de la chanteuse, soulignant son héritage culturel durable.
Avec « La Femme », le réalisateur Marwan Hamed et le scénariste Ahmed Murad ne proposent pas une simple biographie, mais une immersion dans l’univers d’Oum Kalthoum, une artiste dont la voix et la présence dominaient la scène culturelle du Moyen-Orient. Le film, interprété par Mona Zaki, est présenté comme une invitation à une « soirée » spéciale, un hommage à la « dame du chant arabe ».
L’équipe du film insiste sur l’importance de l’atmosphère qui régnait lors des concerts d’Oum Kalthoum. Une règle d’or était imposée : la sobriété ou le départ. Cette exigence d’élégance et de respect témoigne de la solennité de l’événement, où l’art d’Oum Kalthoum était célébré comme un rituel sacré. Le film encourage donc le public, en particulier les jeunes générations qui n’ont pas connu l’artiste de son vivant, à adopter cette même attitude.
L’histoire d’Oum Kalthoum est perçue comme un canon esthétique, un modèle à préserver et à transmettre. À une époque où la mémoire visuelle prend de plus en plus d’importance, le film vise à offrir une nouvelle représentation de cette légende, transférant le prestige des salles d’opéra aux écrans de cinéma. Ses œuvres, riches en éloquence et en valeur littéraire, sont considérées comme un héritage précieux à léguer aux générations futures.
L’influence d’Oum Kalthoum dépassait largement le domaine artistique. Dans les années 1940, une réception en l’honneur de l’actrice Vivien Leigh, star du film « Autant en emporte le vent », fut annulée car les personnalités influentes étaient toutes attendues à un concert d’Oum Kalthoum. Cet incident illustre parfaitement la suprématie de la voix de la chanteuse sur les autres événements, même ceux impliquant des célébrités internationales.
La date de sortie du film, le 11 décembre, n’est pas anodine. Elle coïncide avec le mois de l’anniversaire d’Oum Kalthoum (née le 31 décembre 1898), marquant son 127e anniversaire. Ce choix stratégique souligne l’intention des réalisateurs de raviver un rituel culturel et de célébrer l’héritage de l’artiste.
Oum Kalthoum était surnommée « celle qui est infaillible », un titre honorifique qui lui fut attribué par le roi Farouk Ier en 1944. Sa voix était considérée comme un instrument capable de faire revivre les trésors de la langue arabe, et elle a interprété des poèmes de grands auteurs tels que Ahmed Shawqi et Omar Khayyam. Elle était également une figure de résistance et d’unité dans le monde arabe, chantant pour soutenir son pays après la défaite de 1967.
Tout au long de sa carrière, Oum Kalthoum a collaboré avec des compositeurs et des poètes de renom, tels que Sayed Makkawi, Ahmed Rami, Riyad Al-Sunbati et Baligh Hamdi. Ces collaborations ont donné naissance à des œuvres intemporelles qui continuent d’inspirer et d’émouvoir le public aujourd’hui. Sa capacité à transformer la compétition artistique en créativité est un témoignage de son génie et de son influence durable.
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