Publié le 9 décembre 2025 à 16h30. La Cour de cassation belge a rejeté l’appel du diamantaire indien Mehul Choksi contre son extradition vers l’Inde, où il est recherché dans le cadre d’une vaste fraude bancaire. Cette décision ouvre la voie à une procédure formelle d’extradition.
- La Cour de cassation belge a confirmé la décision de la cour d’appel d’Anvers, rejetant l’argument de Choksi concernant un risque de torture en Inde.
- Le diamantaire, arrêté en avril dernier, est accusé d’être le cerveau d’une escroquerie de 13 000 milliards de roupies (environ 15,6 milliards d’euros) impliquant la Punjab National Bank (PNB).
- Les autorités indiennes ont assuré à la Belgique que Choksi bénéficierait de conditions de détention conformes aux normes européennes si son extradition était approuvée.
La bataille juridique de Mehul Choksi pour éviter son retour en Inde a subi un revers majeur ce mardi. La Cour de cassation belge, équivalent de la Cour suprême indienne, a statué en faveur de New Delhi, confirmant ainsi la validité de la décision de la cour d’appel d’Anvers. « La Cour de cassation a rejeté le pourvoi (de Choksi). La décision de la Cour d’appel reste donc valable », a déclaré à l’agence de presse HT Henri Vanderlinden, avocat général à Bruxelles, par courriel.
La cour d’appel avait précédemment rejeté, le 17 octobre, l’affirmation de Choksi selon laquelle il risquerait d’être torturé s’il était extradé vers l’Inde. Elle avait également écarté ses allégations de kidnapping à Antigua-et-Barbuda en mai 2021, sur instruction des autorités indiennes. Le tribunal avait estimé que les documents fournis par Choksi ne prouvaient pas un enlèvement orchestré par l’Inde et avait qualifié la décision de la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol (CCF) de retirer sa notice rouge de « peu concluante et très prudente ».
Choksi, âgé de 65 ans, est détenu à Anvers depuis son arrestation le 11 avril, suite à une demande d’extradition de l’Inde. Il a interjeté appel devant la Cour de cassation le 30 octobre. Les enquêteurs indiens l’accusent de six fraudes bancaires commises entre 2018 et 2022, pour un montant total avoisinant les 13 000 milliards de roupies (environ 15,6 milliards d’euros).
La cour d’appel d’Anvers avait jugé en octobre que les deux mandats d’arrêt émis par les tribunaux indiens – les 23 mai 2018 et 15 juin 2021, à la demande du Bureau central d’enquête (CBI) – étaient « exécutoires ». Ces mandats concernent des accusations d’association de malfaiteurs, d’abus de confiance criminel, de fraude, de détournement de fonds et de falsification de documents. Le tribunal a souligné que ces infractions sont passibles d’une peine d’au moins un an de prison en Inde et en Belgique, conformément au principe de réciprocité prévu par la loi sur l’extradition.
La demande d’extradition repose sur plusieurs articles du Code pénal indien (IPC), notamment 120 B (complot criminel), 201 (destruction de preuves), 409 (abus de confiance criminel), 420 (fraude), 477A (falsification de comptes), ainsi que sur les articles 7 et 13 (corruption) de la loi sur la prévention de la corruption. Ces crimes sont également reconnus en Belgique en vertu de la clause de double incrimination du traité d’extradition. La Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC) et la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) ont également été invoquées.
Afin de dissiper les inquiétudes concernant les conditions de détention en Inde, le gouvernement indien a assuré aux autorités belges que Mehul Choksi, en cas d’extradition, serait incarcéré à la caserne n° 12 de la prison d’Arthur Road à Mumbai. Il bénéficierait de toutes les commodités, notamment l’accès à l’eau potable, à une alimentation adéquate, à des soins médicaux, aux journaux et à la télévision, ainsi que la possibilité de consulter un médecin privé et ne serait pas isolé.
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