Home MondeLa Thaïlande bombarde une zone frontalière : la saison touristique est menacée

La Thaïlande bombarde une zone frontalière : la saison touristique est menacée

by Clara Dubois

Publié le 9 décembre 2025 à 23h31. Des affrontements armés entre la Thaïlande et le Cambodge ont repris le long de leur frontière commune, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de personnes et suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des touristes en haute saison.

  • Les combats, impliquant des avions de combat, des chars et de l’artillerie, se concentrent sur une frontière de 800 kilomètres.
  • Des casinos situés près de la frontière ont été pris pour cible, l’armée thaïlandaise les soupçonnant d’abriter des installations militaires.
  • Plusieurs pays, dont la Suisse, ont émis des avertissements de voyage pour les régions frontalières.

Malgré un accord de paix existant, la situation à la frontière thaïlandaise-cambodgienne s’est envenimée ces dernières heures. Des dizaines de milliers d’habitants ont été contraints de fuir leurs foyers, cherchant refuge dans des zones plus sûres des deux côtés de la frontière. Les affrontements, qui ont débuté lundi, impliquent des moyens militaires lourds, notamment des avions de combat F-16 thaïlandais, des chars et de l’artillerie.

L’armée thaïlandaise a justifié ses actions en affirmant que des casinos situés à proximité de la frontière étaient en réalité utilisés comme centres de commandement et de stockage d’armes par l’armée cambodgienne. Lundi, un casino a été détruit par un bombardement thaïlandais, et mardi, un autre bâtiment de casino a subi le même sort après avoir été pris pour cible par des chars. Les médias locaux font état d’un bilan provisoire d’une douzaine de victimes, dont sept civils cambodgiens et trois soldats thaïlandais, bien que certains rapports évoquent un nombre de morts et de blessés potentiellement plus élevé.

Des casinos sous suspicion

Selon l’armée thaïlandaise, les casinos n’étaient pas utilisés pour des activités de jeu, mais servaient de centres de contrôle de drones et de stockage d’armement. Parallèlement, des forces marines thaïlandaises mènent une opération pour reprendre une zone frontalière que les troupes cambodgiennes auraient occupée. Le Cambodge, pour sa part, nie fermement l’utilisation militaire des bâtiments détruits, affirmant qu’ils étaient déserts au moment des attaques.

Bangkok a cherché à minimiser les craintes d’une intervention américaine, notamment de la mise en place de tarifs douaniers punitifs. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio (54 ans), a appelé à une cessation immédiate des hostilités, à la protection des civils et à un retour aux mesures de désescalade, rappelant l’accord de paix signé à Kuala Lumpur le 26 octobre.

« Nous appelons vivement à la cessation immédiate des hostilités, à la protection des civils et au retour des deux parties à des mesures de désescalade. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul (59 ans), a déclaré que la Thaïlande ne céderait pas aux pressions exercées par la menace de tarifs douaniers, estimant que c’est au Cambodge de prendre des mesures pour désamorcer le conflit. Le Cambodge a quant à lui accusé la Thaïlande d’agression.

Pour l’heure, les combats se limitent aux zones proches de la frontière et ne menacent pas directement les zones touristiques. Cependant, la méfiance et l’hostilité entre les populations des deux pays sont palpables, et les travailleurs cambodgiens en Thaïlande ainsi que les étudiants cambodgiens craignent pour leur sécurité.

Conseils aux voyageurs

L’ambassade américaine à Bangkok a émis un avertissement de sécurité déconseillant de se rendre dans les zones situées à moins de 50 kilomètres de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Le gouvernement néerlandais conseille aux voyageurs d’éviter les régions frontalières désignées comme « zones rouges » en Thaïlande et au Cambodge. Londres recommande de limiter les déplacements à proximité de la frontière aux seuls voyages « absolument nécessaires ».

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) met en garde sur sa page consacrée à la Thaïlande contre les déplacements dans la zone de crise, déconseillant notamment les « voyages touristiques et autres voyages non urgents dans les provinces de Buriram, Sisaket, Surin et Ubon Ratchathani ». Il est également souligné que des champs de mines subsistent dans toutes les zones frontalières. Le DFAE précise toutefois que les voyages en Thaïlande sont généralement considérés comme sûrs.

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