Publié le 11 décembre 2025 08h33. Après avoir reçu le prix Nobel de la paix pour son combat en faveur de la démocratie au Venezuela, Corina Machado a révélé les détails rocambolesques de son exfiltration du pays, marquée par un déguisement, une traversée maritime périlleuse et l’intervention discrète d’anciens responsables américains.
- Corina Machado a fui le Venezuela en empruntant un bateau de pêche après s’être cachée dans la banlieue de Caracas.
- Les autorités américaines ont été prévenues de son itinéraire pour éviter une éventuelle attaque aérienne contre son embarcation.
- Elle a ensuite rejoint Oslo en jet privé après un transit à Curaçao, où elle a reçu l’aide d’un spécialiste de l’extraction mandaté par l’administration Trump.
L’apparition surprise de Corina Machado sur le balcon du Grand Hôtel d’Oslo, quelques heures après que sa fille ait reçu le prix Nobel de la paix, a levé le voile sur une évasion spectaculaire. La militante vénézuélienne a salué la foule et les journalistes, allant jusqu’à escalader les barrières de sécurité pour serrer la main de ses partisans, avant de déclarer à la BBC sa joie de « pouvoir enfin embrasser les gens » après des mois de confinement.
« Bien sûr que je retourne au Venezuela », a-t-elle affirmé, lorsqu’on l’a interrogée sur les risques liés à son éventuel retour. Le voyage aller, qui a précédé la cérémonie d’Oslo, s’apparente à un véritable film d’espionnage. Selon les informations du Wall Street Journal, Corina Machado et deux de ses collaborateurs ont réussi à franchir dix barrages militaires sans être interceptés, avant d’atteindre la côte où un simple bateau de pêche les attendait.
Ce bateau les a menées vers Curaçao, après une première étape dans un refuge situé dans la banlieue de Caracas, où elle se cachait depuis des mois pour échapper au gouvernement de Nicolás Maduro. Avant de mettre le cap sur la mer des Caraïbes, l’équipe chargée de son exfiltration a pris contact avec les autorités américaines. L’objectif était d’éviter que l’embarcation ne soit la cible d’une attaque aérienne, une pratique autorisée par Donald Trump au cours des « trois derniers mois », selon le journal américain. « Nous voulions qu’ils n’abattent pas le bateau », a confié une source au WSJ.
Le voyage en mer, débuté à cinq heures du matin, s’est achevé mardi à 15 heures, heure locale. À Curaçao, Corina Machado a été accueillie par un spécialiste de l’extraction, mandaté par l’administration Trump. Après une nuit passée dans un hôtel, elle a pris un jet privé qui l’a transportée de la petite île à Oslo, où elle a pu retrouver sa fille et assister à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix.