Publié le 12 décembre 2025 à 15h10. Face à une épidémie de peste porcine africaine (PPA) en Espagne, l’Argentine renforce ses mesures sanitaires en interdisant l’importation de produits dérivés du porc espagnol, aussi bien commerciaux que ceux rapportés par les voyageurs.
- L’Argentine interdit l’entrée de longe ibérique, coupée ou en tranches, désossée, quelle que soit sa présentation.
- Les importations commerciales de produits à risque, comme les chorizos et certains jambons crus, sont déjà suspendues depuis une semaine.
- Les autorités argentines intensifient la surveillance aux frontières et dans les aéroports pour prévenir l’introduction du virus.
Le Service National de Santé et de Qualité Agroalimentaire (Senasa) a annoncé ce vendredi de nouvelles restrictions concernant les voyageurs en provenance d’Espagne, suite à la confirmation de foyers de PPA dans ce pays. La résolution 940/2025, publiée au Journal officiel, interdit immédiatement l’entrée de longe ibérique transportée par les passagers.
Cette décision s’ajoute à la suspension, annoncée il y a une semaine, des importations commerciales considérées comme à risque, notamment les chorizos et certains jambons crus. L’Espagne avait préalablement informé l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) de la détection du virus chez des sangliers dans la région de Barcelone.
La nouvelle réglementation annule les exceptions en vigueur depuis 1999 et 2017, qui autorisaient les touristes à rapporter certains produits espagnols dans leurs bagages. Désormais, il est formellement interdit d’importer « de la longe ibérique, coupée ou laminée, désossée, quelle que soit sa présentation commerciale », précise le Senasa.
Les autorités argentines justifient cette mesure par le risque que l’introduction du virus représente une menace « sérieuse et imminente » pour la production porcine locale, un secteur en pleine croissance et particulièrement vulnérable à cette maladie. La PPA, bien qu’elle n’affecte pas l’homme, est extrêmement contagieuse chez les porcs et peut engendrer des pertes économiques considérables.
La semaine dernière, le Senasa avait déjà arrêté l’entrée commerciale de saucisses salées, de chorizos séchés et de jambons crus dont la maturation est inférieure à six mois, autorisant uniquement les produits dont les procédés garantissent l’inactivation du virus, comme les jambons de longue maturation (plus de six mois) et les produits cuits.
Outre les restrictions sur les bagages et le fret commercial, le Senasa prévoit d’intensifier la surveillance dans les aéroports et aux postes frontières, notamment en vérifiant scrupuleusement les débris d’avions provenant de zones endémiques, une voie de propagation potentielle.
La PPA est une maladie virale très contagieuse qui entraîne une mortalité élevée chez les porcs et peut générer des pertes économiques dévastatrices pour la chaîne de production. Les autorités rappellent que les personnes ayant été en contact avec des animaux dans les pays touchés doivent éviter de visiter les fermes en Argentine, car leurs vêtements et chaussures peuvent servir de vecteurs au virus.
Juan Uccelli, consultant en marché porcin et coordinateur du Groupe de prévention ASF Amérique, explique que cet espace, composé de 21 pays du continent et de 27 institutions liées à la production et à l’industrie, travaille à la prévention du virus en Amérique latine depuis 2021.
« Nous travaillons tous techniquement pour empêcher le virus d’entrer sur le continent »,
Juan Uccelli, consultant en marché porcin et coordinateur du Groupe de prévention ASF Amérique
M. Uccelli souligne que cette approche coordonnée « constitue un différentiel clé pour l’avenir ». Il précise que, pour l’heure, la PPA « n’est présente que sur l’île d’Hispaniola », qui comprend la République dominicaine et Haïti, mais « pas sur le continent », et que l’effort régional vise à maintenir cette situation.