Publié le 13 décembre 2025 20:44:00. Un rapport accablant révèle des milliers de cas présumés d’abus sur mineurs dans les foyers d’accueil hongrois, mettant le gouvernement Orban sous pression alors que l’opposition, menée par Péter Magyar, gagne du terrain dans les sondages.
- Un rapport du parti TISZA (Respect et Liberté) fait état d’environ 3 000 cas présumés d’abus, soit plus d’un cinquième des enfants pris en charge par l’État.
- Les enquêtes menées suite à ces signalements sont fréquemment classées sans suite, invoquant un manque de preuves.
- L’affaire intervient à un moment où le Premier ministre Viktor Orban est confronté à une popularité croissante de son adversaire politique, Péter Magyar.
L’organisation politique hongroise TISZA (Respect et Liberté) a publié un rapport alarmant faisant état d’environ 3 000 cas présumés d’abus sur mineurs dans les foyers d’accueil gérés par l’État. Selon les estimations du parti, cela représente plus d’un cinquième de l’ensemble des enfants pris en charge par les services sociaux. Péter Magyar, le leader de TISZA, n’a pas hésité à dénoncer un échec clair du gouvernement Orban, affirmant sur le réseau social Facebook :
« Le gouvernement Orban a définitivement échoué. »
Péter Magyar, leader du parti TISZA
Ce rapport est basé sur une enquête approfondie menée entre juillet et novembre 2021, à laquelle ont participé 507 des 676 employés des foyers d’accueil. Les résultats ont été transmis aux autorités compétentes en 2022, dans le but, selon le ministère de l’Intérieur, de « soutenir leur travail ». L’enquête met en lumière des allégations de violences sexuelles régulières subies par les enfants placés dans ces établissements.
Un point particulièrement préoccupant soulevé par le personnel soignant est l’interruption fréquente des enquêtes par la police ou le parquet, sans qu’aucune accusation ne soit portée. La raison invoquée est généralement un manque de preuves suffisantes pour engager des poursuites. Cette situation laisse les victimes sans recours et alimente un sentiment d’impunité.
L’affaire survient alors que le Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010 avec son parti FIDESZ, fait face à une concurrence inédite. Péter Magyar, bien que nouvellement engagé en politique depuis début 2024, a rapidement gagné en popularité. Lors des élections européennes de juin dernier, son parti TISZA a obtenu un score remarquable de 30 % des voix. Les sondages actuels placent désormais Magyar en tête des intentions de vote pour les prochaines élections législatives en Hongrie, prévues au printemps prochain.
Viktor Orban a réagi publiquement à l’affaire, notamment en commentant un scandale spécifique impliquant un centre de détention pour mineurs situé rue Szölö à Budapest. Des vidéos choquantes révélant des actes de violence ont été diffusées. Orban a précisé que le centre en question accueillait des jeunes ayant commis des crimes graves, y compris des meurtres, mais a souligné que cela ne justifiait en aucun cas les mauvais traitements subis. Il a déclaré :
« Un crime a été filmé sur la vidéo, il n’y a rien à édulcorer. »
Viktor Orban, Premier ministre hongrois
Le Premier ministre a annoncé que les autorités enquêteront sur les faits, identifieront les responsables et les puniront. Il a également annoncé un transfert de la supervision de ces établissements de l’administration sociale au système pénal, confiant la gestion à la police. « J’attends des policiers qu’ils assurent l’ordre », a-t-il affirmé.


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