Publié le 15 décembre 2025 à 08h02. La Cour suprême indienne a accordé une libération provisoire au journaliste Mahesh Langa, impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent liée à des accusations de fraude, sous conditions strictes, après un long parcours judiciaire.
- Mahesh Langa, ancien journaliste du quotidien The Hindu, bénéficie d’une libération provisoire dans une affaire de blanchiment d’argent.
- La Cour suprême a imposé des conditions rigoureuses, notamment la coopération avec les enquêteurs et l’interdiction de publier des articles sur l’affaire.
- L’affaire a été marquée par des divergences sur le montant impliqué et des accusations de tentatives de retarder la procédure.
Après un rejet initial de sa demande de libération sous caution par la Haute Cour du Gujarat, Mahesh Langa a vu sa situation évoluer favorablement grâce à l’intervention de la Cour suprême. L’affaire remonte à son arrestation initiale en octobre 2024 dans le cadre d’une affaire de fraude à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), suivie d’une accusation de blanchiment d’argent en février 2025.
Le tribunal, composé des juges Surya Kant, Joymalya Bagchi et Vipul Pancholi, a ordonné à M. Langa de fournir des cautions selon les instructions du tribunal spécial en vertu de la loi sur la prévention du blanchiment d’argent (PMLA). Il a également demandé au tribunal spécial de traiter l’affaire quotidiennement afin d’enregistrer les témoignages de neuf témoins. Une coopération totale de M. Langa et de son avocat est exigée, sans possibilité de report en raison de recours en annulation en cours.
Une condition particulièrement notable est l’interdiction pour M. Langa, en tant que rédacteur adjoint, de publier ou de rédiger des articles concernant les allégations portées contre lui devant le tribunal spécial d’Ahmedabad. Il lui est toutefois permis de formuler des objections ou de fournir des informations complémentaires.
La Direction de l’application (DE) devra soumettre un rapport sur le respect de ces conditions par M. Langa. La Cour a averti que tout abus des mesures provisoires pourrait entraîner le retrait de la libération sous caution.
Lors de l’audience, l’avocat principal Kapil Sibal, représentant M. Langa, s’est opposé aux arguments du Solicitor General de l’Inde, Tushar Mehta, qui accusait M. Langa de retarder le procès en demandant des ajournements. M. Sibal a rétorqué que la DE ne fournissait pas les documents demandés par la défense, présentant une liste de pièces manquantes. Le Solicitor General a contesté cette affirmation.
Un point de divergence majeur concernait le montant impliqué dans l’affaire. M. Sibal a plaidé que les conditions de l’article 45 de la loi PMLA ne s’appliquaient pas car le montant en jeu ne dépassait pas 1 crore de roupies (environ 118 000 euros). Le Solicitor General a affirmé le contraire, soutenant que le montant dépassait ce seuil. M. Sibal a souligné que la plainte ne portait que sur 68 lakhs de roupies (environ 79 000 euros) et qu’aucune infraction sous-jacente n’était impliquée. Le tribunal a finalement décidé de ne pas se prononcer sur cet aspect, estimant qu’il s’agissait d’une question à trancher lors du procès.
Le Solicitor General s’est fermement opposé à l’octroi d’une libération provisoire, demandant un report de l’audience et qualifiant les journalistes extorquant de l’argent de “criminels graves”.
M. Sibal a répondu en soulignant la gravité des pressions exercées sur les journalistes par certains industriels.« Compte tenu des faits, j’aurais souhaité que Vos Seigneuries me permettent d’exposer mes arguments. Une fois qu’il est sorti, c’est aussi bien que SLP est autorisé. Les journalistes extorquant de l’argent en disant que si vous ne payez pas, j’écrirai contre vous, c’est un délit grave. »
Tushar Mehta, Solicitor General de l’Inde
« Le fait que les industriels s’en prennent aux journalistes est également grave. »
Kapil Sibal, avocat principal
Malgré l’opposition du Solicitor General, la Cour suprême a finalement accordé la libération provisoire, estimant que le seul moyen de faire la vérité éclater était de mener un procès équitable.
Le Solicitor General a exprimé son désaccord, qualifiant la décision d’une “solution définitive” et craignant que la libération de M. Langa ne compromette l’enquête.
L’affaire a débuté avec le rejet de la demande de libération sous caution de M. Langa par la Haute Cour du Gujarat, qui avait souligné ses antécédents et son influence potentielle sur les témoins pendant sa détention. La Cour avait également noté des déclarations contradictoires concernant une somme de 20 lakhs de roupies saisie à son domicile.
Détails de l’affaire : MAHESHDAN PRABHUDAN LANGA contre ÉTAT DU GUJARAT ET ANR., SLP(Crl) No. 13743/2025
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