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Reprise boursière et investissements accrus, mais risques pour l’économie mondiale à l’avenir : les alertes lancées par la Banque centrale sur la montée de l’intelligence artificielle

Publié le 2025-12-17 14:19:00. L’intelligence artificielle stimule actuellement la croissance économique mondiale, mais la Banque centrale du Chili met en garde contre des risques potentiels liés à la pérennité de ces investissements et à leur réelle capacité à…

Reprise boursière et investissements accrus, mais risques pour l’économie mondiale à l’avenir : les alertes lancées par la Banque centrale sur la montée de l’intelligence artificielle

Publié le 2025-12-17 14:19:00. L’intelligence artificielle stimule actuellement la croissance économique mondiale, mais la Banque centrale du Chili met en garde contre des risques potentiels liés à la pérennité de ces investissements et à leur réelle capacité à générer de la productivité.

  • L’engouement pour l’IA a entraîné une augmentation massive des investissements dans les infrastructures technologiques, notamment aux États-Unis.
  • Les dépenses en centres de données ont triplé aux États-Unis depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022.
  • La Banque centrale souligne que la rentabilité de ces investissements reste incertaine et que le marché est sensible aux mauvaises nouvelles concernant les rendements attendus.

L’intelligence artificielle s’impose comme un moteur de croissance significatif pour l’économie mondiale, selon le dernier Rapport sur la politique monétaire de décembre (IPoM) de la Banque centrale du Chili. L’IA suscite un intérêt croissant et une concurrence stratégique accrue, ce qui se traduit par des investissements considérables et une valorisation boursière record pour les entreprises technologiques.

Aux États-Unis, l’impact de l’IA est particulièrement visible. Les dépenses liées à la construction de centres de données ont été multipliées par trois depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022, comme le révèle l’IPoM. De plus, l’investissement dans les équipements de traitement de l’information a augmenté de plus de 20 % en glissement annuel au cours du premier semestre de l’année, un chiffre bien supérieur à la moyenne de 1,2 % observée entre 2015 et 2023.

Selon les estimations d’Álvarez et al. (2025), l’effet direct des investissements dans l’IA pourrait contribuer à plus d’un tiers de la croissance annuelle du produit intérieur brut (PIB) américain au deuxième trimestre 2025, et cette contribution devrait rester importante dans les trimestres suivants. En Asie, la demande mondiale liée à l’IA a stimulé les exportations de semi-conducteurs et de machines, avec des augmentations annuelles significatives dans des économies telles que Taïwan (50 %), la Malaisie (29 %), la Corée du Sud (12 %) et le Japon (8 %).

En Europe, les effets de l’IA sont pour l’instant plus modestes, bien que des signes positifs commencent à apparaître au sein des entreprises technologiques. La Banque centrale européenne a souligné que le rebond du secteur des services est en partie dû aux efforts des entreprises pour moderniser leurs infrastructures informatiques et intégrer l’intelligence artificielle dans leurs opérations.

L’impact de l’IA sur les marchés financiers est également notable. Depuis début juin, la valorisation boursière des entreprises liées à l’IA a augmenté de près de 25 %, tandis que l’augmentation pour le reste des sociétés du S&P a été de 7,7 %. La Banque centrale estime que l’IA a contribué directement à environ 55 % de la variation du total du S&P, avec des effets indirects potentiellement importants. Cette dynamique a entraîné une augmentation significative de la richesse des ménages américains – environ 30 % de celle-ci étant détenue en actions – ce qui pourrait se traduire par une augmentation de la consommation estimée entre 0,2 et 0,3 % en 2026.

Cependant, la Banque centrale met en garde contre les défis auxquels est confronté le développement durable de l’intelligence artificielle. Il est essentiel de transformer les avancées technologiques en améliorations concrètes de la productivité et de faciliter leur adoption par les entreprises et les citoyens. Des enquêtes récentes suggèrent que l’adoption de l’IA dans les entreprises en est encore à ses débuts et se concentre sur un groupe limité d’entreprises. Selon une enquête du Bureau de recensement des États-Unis, seulement 10 % des entreprises ont adopté ces technologies jusqu’à présent, malgré une augmentation significative de leur utilisation depuis 2023.

Cette situation suscite l’attention du marché, d’autant plus que les investissements actuels nécessitent de multiplier par 15 les ventes de services associés à l’IA pour être rentables. L’IPoM souligne également un caractère « circulaire » de certains investissements – où les fabricants de matériel et les fournisseurs d’infrastructures investissent dans les développeurs d’IA et sont en même temps les principaux acheteurs de leurs équipements et services – ce qui suggère que la demande finale pour cette technologie doit encore se développer pour que les investissements soient rentables. Environ 700 milliards de dollars des plans d’investissement en IA annoncés en 2024 et 2025 correspondraient à des investissements « circulaires » entre les développeurs d’IA et leurs fournisseurs, soit un peu plus de 20 % du total des besoins d’investissement en IA jusqu’en 2030 (selon les estimations de Goldman Sachs).

La valorisation des actifs financiers et le scénario central du rapport intègrent une évolution « favorable » de la demande de services d’IA et la consolidation de la rentabilité des investissements. Cependant, la sensibilité des prix des actifs aux nouvelles négatives concernant la rentabilité attendue – avec des baisses allant jusqu’à 10 % de certains titres les jours défavorables – reflète l’attention du marché aux risques associés. Si le marché devenait plus pessimiste quant aux rendements attendus des investissements, des corrections significatives des prix des actifs pourraient survenir, avec des effets de richesse négatifs importants compte tenu de la forte concentration de ces entreprises dans les indices boursiers. L’impact macroéconomique dépendrait également de la structure de financement des entreprises, qui est passée des capitaux propres à la dette, augmentant ainsi les risques.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.