Zurich va étendre son système de collecte des déchets verts à la vieille ville, mettant fin à une exclusion longtemps critiquée. Un projet de 13 millions de francs suisses a été approuvé mercredi soir par le parlement municipal, introduisant des solutions innovantes pour gérer les déchets organiques dans un espace urbain dense.
Le système zurichois de gestion des déchets verts est notoirement complexe, avec un ensemble de règles détaillées sur la manière dont les habitants doivent traiter leurs épluchures de pommes de terre, feuilles de carottes et autres restes de cuisine. Ces règles, présentées sur 13 pages, imposent l’utilisation de conteneurs standardisés de 140 litres, fournis par la ville, avec des frais de déplacement de 113,10 francs suisses par collecte. Ceux qui souhaitent composter à domicile doivent même soumettre un formulaire détaillant leurs méthodes d’élimination.
Le projet approuvé prévoit l’installation de 270 points de collecte dans la vieille ville. 260 d’entre eux seront équipés de « conteneurs hors sol », des roll-conteneurs en acier de 240 litres placés sur le domaine public. Pour éviter les odeurs, les insectes et le vol, ces conteneurs seront protégés par une enceinte presque hermétique et dotés d’un système de ventilation avec filtre à charbon actif. Ces enceintes représentent un investissement de 2,5 millions de francs suisses.
Dix sites bénéficieront d’une technologie plus avancée : des « conteneurs souterrains ». Ces installations comprennent des tuyaux de 60 centimètres de diamètre et 4 mètres de long, enterrés dans le sol, auxquels des sacs peuvent être attachés pour être vidés chaque semaine avec les ordures ménagères. Un budget de 270 000 francs suisses a été alloué à des études archéologiques préalables aux travaux souterrains.
Les deux types de systèmes de collecte seront équipés d’un système d’accès électronique, garantissant que seuls les utilisateurs autorisés peuvent déposer leurs déchets verts. Les frais de compostage, fixés à 55 centimes pour 15 litres, seront également facturés via ce système, dont le coût informatique s’élève à 2,1 millions de francs suisses.
La conseillère municipale Simone Brander (SP) a reconnu la complexité du projet, mais a souligné son importance pour « démocratiser les déchets organiques ». Patrick Tscherrig (SP) a également insisté sur le fait que le projet comble une « lacune importante » dans la gestion des déchets, rappelant que les déchets verts ne sont pas des déchets à proprement parler et que le compostage est essentiel pour la protection du climat.
Seul l’UDC s’est opposé au projet. Johann Widmer a exprimé son scepticisme quant à la collecte des déchets verts « à tout prix », suggérant qu’il serait plus judicieux de les incinérer pour produire de la chaleur. Cependant, sa position n’a pas empêché l’adoption du projet par 100 voix contre 11.