Zurich s’interroge sur un passé douloureux : une nouvelle exposition du Musée national suisse met en lumière les conditions de travail souvent inhumaines imposées aux enfants en Suisse jusqu’au XXe siècle, tout en soulignant que l’exploitation infantile reste une réalité mondiale.
Des milliers d’enfants ont été exploités dans l’agriculture, l’industrie textile, les mines et les usines, sacrifiant leur enfance et leur éducation pour contribuer aux revenus familiaux. Dès l’âge de six ans, ils travaillaient de longues heures dans des conditions parfois dangereuses, enfilant des aiguilles, nettoyant des machines ou effectuant des tâches manuelles répétitives.
L’exposition, intitulée « Nés par nécessité. Enfants qui travaillent », révèle que les enfants étaient particulièrement recherchés pour leur petite taille et leur agilité. Dans les filatures de Suisse centrale, les industries de rubans de soie de Bâle et les imprimeries sur tissus de Glaris, ils étaient employés pour des travaux précis et délicats. Une loi fédérale de 1877 a certes interdit le travail des moins de 14 ans et limité la journée de travail à onze heures, mais l’exploitation a persisté.
Parallèlement à cette plongée dans le passé suisse, l’exposition aborde la situation actuelle des enfants travailleurs dans le monde, où 160 millions d’enfants sont contraints de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Des documentaires et des informations fournies par l’Unicef montrent que les composants de produits de consommation courants, comme les chocolats et les décorations de Noël, peuvent être fabriqués par des enfants dans des conditions précaires.
L’exposition met également en lumière les pratiques sociales controversées du XXe siècle, où les autorités plaçaient parfois des enfants dans des foyers où le travail était une priorité. Peter Bünzli, témoin de son séjour dans une maison à Bümpliz, se souvient : « Le Brünnenheim m’a d’abord impressionné quand je suis arrivé là-bas : il y avait des chevaux et des vaches, beaucoup de jardins et beaucoup de terres. Mais je n’ai pas tardé à ressentir les effets du régime. La priorité était : le travail. »
Les enfants issus de familles pauvres ou de mères célibataires étaient particulièrement vulnérables à l’exploitation. L’exposition s’attache à rendre hommage aux victimes de ces mesures sociales et à sensibiliser le public aux conséquences durables de ces expériences.
En parallèle, une journée nationale de solidarité, organisée par Glückskette en collaboration avec la SSR, a été consacrée le 18 décembre 2025 à la cause des enfants en crise. Des dons peuvent être effectués en ligne sur www.glueckskette.ch ou dans les bureaux de poste sous la référence « Les enfants en crise », ou par téléphone au 0800 87 07 07.
L’exposition « Nés par nécessité. Enfants qui travaillent » est visible au Landesmuseum de Zurich à partir du 19 décembre et se prolongera jusqu’au 20 avril 2026.
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