Les marchés financiers sont en état d’alerte ce jeudi, avec une série de décisions de politique monétaire en Europe qui pourraient influencer la trajectoire de l’euro et de la livre sterling. Les investisseurs surveillent de près les annonces de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d’Angleterre (BoE), de la Riksbank suédoise et de la Norges Bank norvégienne, dans un contexte d’inflation persistante et de perspectives économiques incertaines.
La réunion de la BCE est au centre de toutes les attentions. Après un tournant plus restrictif la semaine dernière, les investisseurs espèrent que les nouvelles projections économiques et les déclarations de Christine Lagarde, la présidente de la BCE, confirmeront cette orientation. Un réajustement à la baisse des prévisions de croissance et une inflation plus faible que prévu pourraient peser sur l’euro.
Plus précisément, les prévisions de la BCE, qui anticipaient une inflation de 1,7 à 1,9 % en 2026 et de 1,8 à 1,9 % en 2027, pourraient être revues à la baisse en raison du report de la taxe carbone ETS2. Une nouvelle prévision d’inflation pour 2028 proche de 1,8 % pourrait également poser problème à la présidente Lagarde, qui devrait expliquer une sous-estimation passée de l’inflation.
Par ailleurs, les marchés attendent avec intérêt les prévisions de croissance de la BCE, qui tablaient sur 1,2 % en 2024, 1,0 % en 2025 et 1,3 % en 2026. Des révisions à la hausse, même modestes, pourraient soutenir l’euro.
En Grande-Bretagne, la Banque d’Angleterre devrait annoncer une baisse de son taux directeur de 25 points de base, à 3,75 %, à 13h00 GMT. Un vote de 5 contre 4 est envisagé, mais un vote plus serré de 6 contre 3 pourrait signaler une orientation plus accommodante. Cette décision intervient après une baisse inattendue des prix alimentaires en novembre.
Cependant, le positionnement actuel sur la livre sterling pourrait limiter l’impact d’une baisse des taux. Les données de la CFTC montrent que les investisseurs détiennent toujours une position courte importante sur la livre sterling, représentant 38 % des intérêts ouverts. Cela pourrait entraîner un rebond technique après l’annonce de la BoE, avant une éventuelle nouvelle pression à la baisse en réaction à la réunion de la BCE.
Dans d’autres pays, la Riksbank suédoise devrait maintenir une attitude prudente après avoir abaissé ses taux en septembre, tandis que la Norges Bank norvégienne ne semble pas pressée de réduire son taux de dépôt de 4,00 %. Les nouvelles prévisions de taux directeur de ces deux banques centrales seront scrutées à la recherche d’indices sur leurs futures orientations.
Enfin, l’euro/forint hongrois (EUR/HUF) est également sous surveillance. Le forint hongrois, qui avait été un pari populaire au début de l’année, est en recul après le virage accommodant de la Banque nationale de Hongrie cette semaine. Cette tendance pourrait se poursuivre.
Concernant les États-Unis, l’indice des prix à la consommation (IPC) ne devrait pas modifier de manière significative la trajectoire de la Réserve fédérale (Fed). Le DXY (indice du dollar américain) reste soutenu au-dessus de 98,00, et les déclarations conciliantes de Chris Waller, de la Fed, hier, n’ont pas eu d’impact majeur sur les marchés. La Fed estime toujours que son taux directeur est supérieur de 50 à 100 points de base au taux neutre, mais ne semble pas pressée de réduire les taux. Une baisse des taux en mars est jugée plus probable qu’en janvier.
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