Publié le 19 décembre 2025 à 07h51. La Banque centrale d’Irlande dresse un tableau nuancé de l’économie, prévoyant un ralentissement de la croissance et mettant en garde contre les difficultés à atteindre les objectifs de construction de logements, tout en soulignant une certaine résilience face aux défis internationaux.
- La Banque centrale estime qu’il sera « difficile » d’atteindre l’objectif de 300 000 logements construits d’ici à 2030.
- Elle prévoit un ralentissement de la croissance économique irlandaise l’année prochaine, en raison d’une inflation persistante.
- Le marché du travail irlandais se « refroidit », avec une augmentation du chômage prévue à 5 %.
La Banque centrale d’Irlande a revu légèrement à la hausse ses prévisions de construction résidentielle pour les prochaines années, anticipant 33 000 nouveaux logements cette année, 37 000 l’année prochaine, 40 500 en 2027 et 44 500 en 2028. Cependant, elle met en garde contre les obstacles qui persistent, notamment les pénuries d’offre et le coût élevé de la construction. Ces facteurs, selon la banque, pourraient continuer à exercer une pression à la hausse sur les loyers et l’inflation liée au logement, entraînant à son tour une augmentation des salaires et des prix.
Dans ses dernières prévisions économiques, la Banque centrale prévoit une croissance de 4 % pour l’économie irlandaise cette année, qui ralentira à 2,9 % en moyenne entre 2026 et 2028. Elle anticipe également un ralentissement de la croissance de l’emploi et des revenus, ce qui devrait freiner la demande intérieure. Le nombre de personnes en emploi devrait augmenter de moins de 2 %, tandis que le taux de chômage devrait atteindre une moyenne de 5 % au cours des prochaines années. L’inflation devrait se stabiliser autour de 2 % d’ici 2028.
Robert Kelly, directeur des statistiques de la Banque centrale, a souligné la résilience de l’économie irlandaise malgré les difficultés rencontrées cette année.
« Malgré les défis notables auxquels l’économie irlandaise a été confrontée cette année, elle a fait preuve de résilience tout au long de 2025. »
Robert Kelly, directeur des statistiques de la Banque centrale
Il a précisé que les entreprises multinationales exportatrices s’adaptent à un contexte international en mutation, sans que cela n’ait pour l’instant d’impact majeur sur l’Irlande. Cependant, les signaux provenant de l’activité intérieure sont plus mitigés, indiquant un ralentissement de la croissance et une inflation plus élevée.
M. Kelly a également indiqué que les investissements dans le secteur multinational devraient être « modérés », mais que la construction, en particulier la construction résidentielle, pourrait devenir un moteur de croissance important pour l’économie. Il a noté des signes encourageants dans le nombre de demandes et d’approbations de permis de construire, ce qui a conduit la Banque centrale à réviser à la hausse ses prévisions concernant le nombre de logements achevés, même à court terme.
« Notre prévision centrale est que nous atteindrons environ 155 000 nouveaux logements d’ici 2028, ce qui laisse beaucoup à faire ces dernières années. »
Robert Kelly, directeur des statistiques de la Banque centrale
Il a souligné le potentiel d’amélioration dans des domaines tels que la disponibilité des terrains, les procédures de planification et la productivité du secteur de la construction.
Concernant le marché du travail, M. Kelly a confirmé qu’il reste solide, mais qu’il se « refroidit », ce qui se traduit par une augmentation du taux de chômage.
« Nous constatons réellement un ralentissement des postes vacants, donc la demande de main d’œuvre par rapport à ce qu’elle était il y a un an ou deux, où elle était très, très élevée – nous constatons un refroidissement. »
Robert Kelly, directeur des statistiques de la Banque centrale
Il a observé que ce ralentissement est particulièrement visible chez les jeunes qui entrent sur le marché du travail, et a évoqué l’impact potentiel de l’intelligence artificielle sur l’emploi dans cette tranche d’âge. La Banque centrale ne prévoit pas de licenciements massifs et ne considère pas l’augmentation du chômage des jeunes comme un « signal d’alarme », mais plutôt comme un « rééquilibrage » par rapport à la situation antérieure de forte demande de main-d’œuvre.
Enfin, la Banque centrale prévoit une baisse de l’inflation des prix alimentaires l’année prochaine, qui devrait passer d’un pic de 3,7 %. Les indicateurs avancés, tels que les prix des intrants agricoles, suggèrent une tendance à la baisse pour l’année à venir. Cependant, M. Kelly a souligné que certains facteurs d’inflation des prix alimentaires sont liés à des événements ponctuels, notamment des aléas climatiques affectant les récoltes de café et de chocolat en Afrique et ailleurs. Il a ajouté qu’un risque de maintien des prix élevés subsiste en cas de nouveaux chocs.
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