Publié le 19 décembre 2025 à 06h57. L’année 2025 s’annonce comme l’année la plus noire sur les routes israéliennes depuis deux décennies, avec un nombre de décès qui dépasse déjà celui de l’année précédente, malgré les efforts pour améliorer la sécurité routière.
- Le nombre de décès sur les routes israéliennes a atteint 443 depuis le début de l’année 2025.
- Ce bilan dépasse le nombre de 438 décès enregistrés en 2024, et est le plus élevé depuis 2005.
- Des retards dans la mise en œuvre d’un plan budgétaire pluriannuel pour la National Road Safety Authority (NRSA) sont pointés du doigt.
Une série d’accidents mortels en début de semaine a contribué à ce bilan alarmant. Six personnes ont perdu la vie au cours des derniers jours, dont une piétonne d’une soixantaine d’années, heurtée par un bus mercredi et décédée à l’hôpital. Lundi, un jeune homme de Beit Shemesh a été tué alors qu’il changeait un pneu sur le bord de l’autoroute. Dimanche a été particulièrement tragique, avec quatre décès : une fillette bédouine de trois ans renversée par une voiture, Chemi Erlanger, ambulancier paramédical de Hatzalah, décédé dans un accident de moto, Gefen Cohen, une jeune femme de 18 ans de Tibériade, victime d’une collision avec un véhicule tout-terrain, et Raja Zoabi, ancien footballeur de Bnei Sakhnin, tué dans un accident de moto près d’Afula.
Les statistiques de l’année révèlent une répartition tragique des victimes : 118 piétons, 142 conducteurs de véhicules privés, 95 motocyclistes ou conducteurs de scooters, 15 utilisateurs de trottinettes ou de vélos électriques, 13 conducteurs de camions, 13 conducteurs de tracteurs, neuf cyclistes et huit passagers de bus. Les circonstances de 30 décès restent indéterminées.
Cette augmentation du nombre de décès intervient alors que la NRSA, chargée de coordonner la lutte contre les accidents de la route, se heurte à des difficultés financières et structurelles. Yoram Halevy, le chef sortant de l’autorité, a récemment déploré les retards dans la mise en œuvre d’un plan budgétaire pluriannuel, qui, selon lui, entravent les efforts de prévention. Un rapport du contrôleur de l’État, publié en mai 2024, a révélé que les objectifs fixés par le premier plan stratégique de sécurité routière, adopté en 2005 et mis en œuvre jusqu’en 2015 – notamment le déploiement d’au moins 450 unités de contrôle de la circulation et la réduction du nombre de décès à 300 – n’ont jamais été atteints.
La ministre des Transports, Miri Regev, a finalement approuvé le plan en novembre, après des mois de retard. Lors d’une conférence de presse annonçant cette approbation, Yoram Halevy a exprimé son sentiment d’échec, qualifiant sa gestion de l’autorité d’inefficace.
« Depuis un an et demi, nous travaillons sur le plan national. Le ministre [Regev] a approuvé le plan et c’est un pas de géant, mais la mise en œuvre est encore loin »,
Yoram Halevy, président de la NRSA
Selon M. Halevy, la NRSA manque d’autorité et de ressources financières suffisantes pour coordonner efficacement les actions des différents ministères impliqués dans la sécurité routière. Le budget de l’autorité, initialement fixé à 550 millions de shekels (environ 171 millions de dollars), a été progressivement réduit, atteignant aujourd’hui seulement 60 millions de shekels (environ 19 millions de dollars), selon le journal Marker.
La division de la circulation de la police israélienne est également confrontée à des difficultés. Selon le journal économique, le ratio de voitures de patrouille par kilomètre de route interurbaine est de 1 pour 180, alors que la moyenne de l’OCDE est de 1 pour 10. Le commissaire adjoint Chaim Shmueli a déclaré en août devant une commission de la Knesset que la division souffrait d’un manque de personnel important.
« Il nous manque près de 100 personnes compétentes. Je n’ai pas d’officiers à mettre dans les voitures de patrouille »,
Chaim Shmueli, commissaire adjoint de la division de la circulation de la police
Face à ce manque de moyens, le ministère des Transports envisage de durcir les sanctions à l’encontre des conducteurs. Miri Regev a annoncé en novembre l’introduction d’amendes de 10 000 shekels (environ 3 000 dollars) pour l’utilisation du téléphone au volant, contre 1 000 shekels (environ 300 dollars) actuellement, avec une perte de huit points sur le permis de conduire. Les récidivistes risquent la confiscation de leur véhicule.
Selon la ministre, les forces de l’ordre pourront imposer ces amendes sans convocation au tribunal pour une première infraction.
« Nous irons jusqu’à confisquer le véhicule. S’ils [police] attrapent une personne en train d’envoyer des SMS, ils lui infligeront immédiatement une amende de 10 000 NIS la première fois. Il n’ira pas au tribunal. La deuxième fois, ce sera la confiscation du véhicule. »
Miri Regev, ministre des Transports
Mme Regev a déclaré s’être inspirée de ses homologues étrangers, qui ont mis en évidence l’importance de l’application de la loi et des sanctions dissuasives pour réduire le nombre d’accidents. Elle a annoncé que la police, le ministère de la Justice et la NRSA allaient établir une liste des sept infractions au code de la route les plus fréquemment impliquées dans les accidents, ainsi que des recommandations concernant les sanctions appropriées.