Publié le 19 décembre 2025. La signature imminente d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur est compromise par des dissensions internes au sein de l’UE et de vives protestations agricoles à Bruxelles, qui ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.
- La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le report de la signature de l’accord avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).
- Des milliers d’agriculteurs ont manifesté à Bruxelles, entraînant des incidents et l’intervention de la police.
- Plusieurs États membres de l’UE, dont la France, la Pologne et la Hongrie, expriment des réserves quant à l’accord.
L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, négocié depuis plus de 25 ans, est au bord de l’impasse. Initialement, Ursula von der Leyen espérait officialiser l’entente ce samedi au Brésil. Cependant, l’opposition de certains États membres et la pression des agriculteurs européens ont contraint à un report.
Le Brésil, par la voix de son président Lula da Silva, a manifesté sa compréhension face aux difficultés rencontrées par l’UE, demandant un délai supplémentaire pour permettre aux différents pays de se prononcer. L’Italie, en particulier, souhaite attendre que les préoccupations des agriculteurs soient prises en compte avant de soutenir l’accord.
La France réclame l’inclusion d’une clause de sauvegarde pour protéger son secteur agricole, craignant une concurrence déloyale des importations sud-américaines. La Pologne et la Hongrie se sont également positionnées contre l’accord, rejoignant ainsi une minorité de blocage qui, réunie, pourrait empêcher sa conclusion. L’Allemagne, en revanche, avait jusqu’au dernier moment insisté pour une signature rapide.
Les manifestations d’agriculteurs à Bruxelles, qui ont rassemblé environ 7 300 personnes selon la police (les organisateurs en comptabilisaient près de 10 000), ont été marquées par des heurts avec les forces de l’ordre. Les manifestants, venus exprimer leur opposition à l’accord du Mercosur, ont tenté de franchir les barrières de sécurité dans le quartier européen, ce qui a entraîné l’utilisation de canons à eau et l’allumage d’incendies. Des employés du Parlement européen ont été évacués par mesure de sécurité.
Les agriculteurs craignent que l’ouverture du marché aux produits sud-américains ne les expose à une concurrence accrue, notamment en raison de coûts de production plus faibles. Ils s’inquiètent également d’une possible réduction des subventions agricoles européennes à l’avenir.
Pour en savoir plus sur les enjeux de cet accord complexe, vous pouvez consulter cet article de Deutschlandfunk qui analyse les raisons pour lesquelles l’accord du Mercosur continue de susciter des débats après 25 ans de négociations.
Cette information a été diffusée dans l’émission Deutschlandfunk le 19 décembre 2025.