Publié le 19 décembre 2025 18h54. Le Danemark accuse la Russie d’être derrière une série de cyberattaques ciblées contre des infrastructures critiques et des services publics, révélant une escalade de la guerre hybride menée par Moscou contre les pays occidentaux.
- Le service de renseignement danois (FE) a identifié des attaques contre une compagnie des eaux et des sites web officiels.
- Les groupes de hackers Z-Pentest, lié à l’État russe, et NoName057(16) sont pointés du doigt.
- Copenhague reconnaît un manque de préparation face à ce type de menaces et appelle à renforcer la résilience numérique.
Le Danemark a publiquement accusé la Russie d’orchestrer une campagne de cyberattaques « destructrices et perturbatrices » visant ses infrastructures critiques et ses services en ligne. Une évaluation récente du Service danois de renseignement de la défense (FE) révèle une série d’incidents inédits, dont une attaque particulièrement préoccupante contre une compagnie des eaux située à Tureby Alkestrup, au sud-ouest de Copenhague.
Selon le FE, le groupe de hackers Z-Pentest – considéré comme proche du gouvernement russe – a réussi à modifier la pression de l’eau dans le réseau de distribution, provoquant l’éclatement de canalisations et privant environ 50 foyers d’eau pendant sept heures, et affectant une heure environ 450 habitations. Jan Hansen, directeur de la compagnie des eaux, a souligné dans un entretien à DR l’importance d’investir dans la cybersécurité, notamment après avoir opté pour un prestataire moins coûteux. Il a également recommandé aux entreprises de souscrire une assurance spécialisée pour se prémunir contre ce type de risques.
Une autre attaque, attribuée au groupe NoName057(16), a visé plusieurs sites web officiels en novembre 2025, en pleine période d’élections municipales et régionales. Ces actions de déni de service ont perturbé la communication et l’accès aux services publics pendant la campagne électorale. Les autorités danoises estiment que ces deux groupes agissent comme des « instruments » de la Russie dans sa stratégie de guerre hybride contre l’Occident, visant à semer l’insécurité intérieure et à pénaliser les pays soutenant l’Ukraine.
Lors d’une conférence de presse, le ministre danois de la résilience et de la préparation, Torsten Schack Pedersen, a reconnu que, bien que les dégâts soient restés limités, ces événements démontrent la capacité de certains acteurs à paralyser des éléments essentiels de la société danoise. Il a également admis que le pays n’était pas encore suffisamment préparé à faire face à des attaques de cette ampleur.
Ces incidents s’inscrivent dans une campagne plus large de « sabotage et de déstabilisation » menée par le Kremlin en Europe depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le FE souligne que ces cyberattaques visent à affaiblir le soutien occidental à Kiev, tout en identifiant les vulnérabilités du continent et en surchargeant les forces de l’ordre. Selon les données de l’Associated Press, 147 incidents similaires ont déjà été recensés en Europe.
La réaction internationale ne s’est pas fait attendre. Anitta Hipper, porte-parole de la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a exprimé sur les réseaux sociaux le soutien de l’UE au Danemark face aux cyberactivités malveillantes de la Russie, et a souligné que le bloc exigerait des comptes, s’engageant à « renforcer la résilience » de ses États membres.
Parallèlement, les autorités allemandes ont convoqué l’ambassadeur de Russie suite à des accusations de sabotage, de cyberattaques et d’ingérence électorale, notamment une attaque contre le contrôle aérien allemand en 2024, selon les déclarations du porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Giese.
Le FE a précisé que toutes les attaques ne sont pas immédiatement révélées, car il est souvent nécessaire de mener des investigations approfondies pour identifier et confirmer le lien avec la Russie. Les autorités danoises insistent sur la nécessité de renforcer les défenses technologiques pour protéger les infrastructures contre les menaces futures.
(Avec des informations d’AP, EFE et Europa Press)
À lire aussi
