Publié le 20 décembre 2025 à 11h50. Une exposition singulière à Hangzhou propose une rencontre inédite entre l’héritage millénaire de la civilisation de Liangzhu et la vision contemporaine du photographe Zou Yongjun, explorant les liens entre passé et présent à travers un travail artistique multidisciplinaire.
- L’exposition « Tianqiao Liangzhu – Œuvres de Zou Yongjun » présente une centaine de créations de l’artiste, fruit de plusieurs années de recherche et d’expérimentation.
- Zou Yongjun combine des techniques photographiques classiques, comme le cyanotype, avec des approches contemporaines incluant la coloration manuelle et l’assemblage, créant un langage visuel unique.
- L’exposition, soutenue par la Fédération des cercles littéraires et artistiques de Hangzhou, se tient au musée d’art Cho jusqu’au 19 janvier 2026.
Le musée d’art Cho, situé au 666 de la rue Xiaohang, accueille depuis le 19 décembre une exposition qui invite à un voyage dans le temps. « Tianqiao Liangzhu – Œuvres de Zou Yongjun » offre une relecture artistique de la civilisation de Liangzhu, l’une des plus anciennes de Chine, à travers l’œil d’un photographe contemporain. L’atmosphère chaleureuse de la salle d’exposition met en valeur des œuvres qui fusionnent savoir-faire traditionnel et expérimentation moderne, offrant au public une expérience immersive et contemplative.
Cette exposition est un projet clé du programme de soutien à la création artistique de la Fédération des cercles littéraires et artistiques de Hangzhou pour l’année 2024. Elle est organisée par l’Association des photographes de Hangzhou, en collaboration avec la rue Beigan (district de Xiaoshan), la communauté de Jinjiangnan, le Light Painting Hall et la société Letu Culture.
Zou Yongjun, né à Longyou (province du Zhejiang) en 1968 et basé à Hangzhou, est un artiste qui repousse sans cesse les limites de son médium. Sa démarche artistique se caractérise par l’intégration de techniques photographiques ancestrales, telles que le cyanotype et le procédé Van Dyke, à des techniques plus contemporaines comme la coloration à la main et le collage. Cette approche lui permet de développer un vocabulaire visuel singulier et reconnaissable.
Son travail a été exposé dans de nombreux événements internationaux de photographie, notamment aux festivals de Pingyao, Dali, Lishui et Lianzhou, ainsi qu’à des foires d’art comme Image Shanghai Art Fair et le Jimei·Arles International Photography Festival. Il a reçu plusieurs prix et a présenté des expositions personnelles à Pingyao et Xiamen Three Shadows. Ses œuvres, spontanées et directes, sont souvent considérées comme des échos contemporains de l’art brut.
L’exposition ne se limite pas à une simple présentation de photographies. Zou Yongjun utilise l’appareil photo comme un outil d’exploration et de transformation, le temps comme un support. À travers le cyanotype, la coloration manuelle, les collages et les installations, il réinterprète la civilisation de Liangzhu, transformant ses expériences personnelles en paysages psychologiques subtils. Ses créations transcendent les frontières entre histoire et réalité, invitant le spectateur à une réflexion sur la continuité et le changement.
Dès l’entrée dans la salle d’exposition, le visiteur est frappé par la richesse des textures et des matériaux. Les images ne sont pas présentées de manière uniforme : certains bords sont déchiquetés à la main, d’autres sont des assemblages complexes de papiers aux textures et aux couleurs variées. Zou Yongjun ne se contente pas d’enregistrer des images, il les transforme en objets d’art en utilisant des matériaux aussi divers que le papier photographique, le fil de pêche, des miroirs, des pierres, des planches de bois, des tranches de bambou, des briques, des éclats de poterie, des carreaux, des plantes médicinales, des pommes de pin, des coquilles de tortues et de crabes, de la boue et même des cartes mères d’ordinateurs. Ces éléments hétéroclites, disposés selon son intuition, dialoguent avec les motifs géométriques (cong) du jade, les traces d’eau et les symboles du riz de Liangzhu, créant un pont entre le passé et le présent.
L’artiste s’est inspiré du concept de « 谻軻 » (pinyin : xì ké), qui évoque l’image d’un voyageur portant des sandales de paille et parcourant de longues distances. Cette métaphore illustre sa persévérance et son engagement dans la recherche sur les vestiges de Liangzhu, ainsi que ses expérimentations incessantes en chambre noire et en atelier. Selon Jin Yongquan, auteur de la préface de l’exposition et rédacteur en chef de Popular Photography :
« S’appuyant sur son intuition, elle a sélectionné des matériaux liés au thème de « Liangzhu » pour mener des expériences artistiques afin de construire son propre monde appelé « Liangzhu ». Liangzhu n’est plus ici un terme froid dans les rapports archéologiques, mais une scène spirituelle palpable, sensible et dialoguable. »
Une installation particulièrement marquante présente des dizaines de morceaux de soie séchée, teintés à la main en bleu et suspendus dans l’espace. Des fragments de poterie de Liangzhu y sont imprimés, créant un jeu de lumière et d’ombre qui évoque le flottement et la réorganisation des vestiges de la civilisation au fil du temps. Dans un autre ensemble d’œuvres, Zou Yongjun juxtapose des composants électroniques contemporains à des symboles gravés dans le jade, cherchant à exprimer la continuité de la civilisation malgré les mutations technologiques. L’artiste explique :
« Ce que je veux faire n’est pas de reconstituer l’histoire, mais de relier le souffle de cette époque avec l’artisanat et la perception d’aujourd’hui. »
L’exposition « Tianqiao Liangzhu – Œuvres de Zou Yongjun » est à découvrir jusqu’au 19 janvier 2026 au musée d’art Cho.