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La préquelle de la cause Andis.

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une enquête révèle comment un réseau d'entrepreneurs et d'anciens fonctionnaires a détourné des fonds publics considérables, touchant plusieurs administrations successives, de l'Agence nationale du handicap (Andis) aux ministères de la Santé et des Transports.…

La préquelle de la cause Andis.

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une enquête révèle comment un réseau d’entrepreneurs et d’anciens fonctionnaires a détourné des fonds publics considérables, touchant plusieurs administrations successives, de l’Agence nationale du handicap (Andis) aux ministères de la Santé et des Transports.

  • Des hommes d’affaires déjà visés par la justice, Miguel Ángel Calvete et Federico Maximiliano Santich, sont au cœur d’un système de détournement de fonds qui s’étend sur plusieurs années.
  • L’opération a débuté pendant la pandémie de Covid-19 avec des contrats lucratifs pour la fourniture de matériel médical, avant de s’étendre à d’autres secteurs publics.
  • Des liens sont établis avec des proches de plusieurs figures politiques, dont Alberto Fernández, Ginés González García, Santiago Cafiero, Juan Manzur et Victoria Villarruel.

Une vaste opération de détournement de fonds publics, impliquant des entreprises et d’anciens fonctionnaires, est actuellement au centre d’une enquête menée par les procureurs fédéraux Franco Picardi et Sébastien Casanello. L’affaire, qui a débuté avec des irrégularités au sein de l’Agence nationale du handicap (Andis) sous la direction de Diego Spagnuolo, s’étend désormais à d’autres domaines de l’État national, touchant les présidences d’Alberto Fernández et de Javier Milei.

Au cœur de ce système se trouvent Miguel Ángel Calvete et Federico Maximiliano Santich, deux entrepreneurs déjà sous surveillance judiciaire. L’enquête révèle que leur collaboration a débuté pendant la pandémie de Covid-19, lors d’une rencontre fortuite. Rapidement, ils ont identifié des opportunités de contrats publics, notamment dans la vente de matériel orthopédique et de fournitures médicales au ministère de la Santé, alors dirigé par Ginés González García.

« Fauteuils roulants, basés à Villa Urquiza », a rappelé une source proche de l’enquête, souhaitant rester anonyme. « Ils ont eu des échanges constants avec des responsables de la Santé et d’autres personnes intervenant à la Casa Rosada, y compris des collaborateurs de Santiago Cafiero et Juan Manzur. »

Source anonyme

L’activité de Calvete et Santich ne s’est pas limitée au ministère de la Santé. Ils ont également obtenu des contrats lucratifs avec l’Institut national des services sociaux pour retraités et pensionnés (PARMI) et la Direction des routes nationales. Dans ce dernier cas, ils se sont concentrés sur la fourniture de « services » plutôt que sur des travaux de construction ou de réparation, selon les informations recueillies par l’enquête.

Pour mener à bien leurs opérations, Santich s’appuyait sur un réseau de sociétés, dont Profarma SA et Profusion Marketing S.R.L., renommée Profusion SRL en août 2020 après avoir modifié son objet social pour inclure des « services liés à la santé humaine ». Ces sociétés sont mentionnées dans l’ordonnance du procureur Picardi demandant l’enquête sur Santich et l’arrestation de Calvete.

L’enquête a également mis en lumière l’existence d’autres sociétés utilisées par Santich, notamment Image Médicale Intelligente SRL (SMI S.R.L.) et Prénor SAS, spécialisées dans la vente d’instruments et d’articles orthopédiques. Ces entreprises étaient sous la supervision directe de Laura Poloni, bras droit de Santich, qui était responsable des factures, des paiements et des retraits de fonds.

Un tournant dans l’affaire s’est produit lorsque Kévin Poco, un intermédiaire proche du député libertaire Guillermo Monténégro et ancien opérateur de Victoria Villarruel, a ouvert les portes de l’Andis à Calvete et Santich.

« C’est Kevin qui leur a présenté Santich et Spagnuolo, et le reste appartient à l’histoire », a ironisé une source proche de l’enquête.

Source anonyme

Selon des informations obtenues par l’enquête, la rencontre entre les protagonistes s’est déroulée dans les bureaux de la famille Pocovi, situés dans le quartier de la Tour de la place Catalinas à Buenos Aires.

Kévin Pocovi est également lié à la société Inversora Eslava SA, qui a signé un contrat de location de 36 mois avec le PARMI pour un immeuble situé à Buenos Aires, pour un montant de plus de 2,7 milliards de pesos en 2024, selon les documents officiels.

Demi-frère du plus jeune fils de Zulémite Menem, Kévin Pocovi est également le frère d’Alan Poco, un autre individu impliqué dans l’affaire Andis. Le procureur Picardi l’accuse d’avoir reçu des fonds de Calvete et d’autres personnes liées à des entreprises d’orthopédie, et de blanchir ces fonds via des crypto-monnaies.

Au fil des années, l’accumulation de revenus a permis aux protagonistes de l’opération suspectée d’acquérir un centre d’imagerie diagnostique à Quilmes, où ils ont également financé des campagnes de candidats locaux. Santich a également commencé à acquérir des voitures de luxe en liquide, et a ouvert un bureau dans la rue Émeraude à Buenos Aires pour étendre ses opérations, notamment avec la société Meridius SA.

Proches de Sergio Mastropietro, également identifié par le procureur Picardi comme un blanchisseur présumé, Santich et Calvete ambitionnaient de jouer dans les ligues majeures.

« Au final, ils étaient exagérés », se souvient une personne qui a côtoyé le trio pendant des années. « Ils étaient tellement excités qu’à un moment donné, ils ont même dit qu’ils voulaient acheter la chaîne Garbarino. »

Source anonyme

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.