Home AffairesBlue Owl bouleverse le récit de l’IA

Blue Owl bouleverse le récit de l’IA

by Amélie Bernard

L’ambition d’Oracle de bâtir un centre de données massif dédié à l’intelligence artificielle dans le Michigan se heurte à un obstacle financier inattendu. Blue Owl Capital, un partenaire clé du géant technologique, a renoncé à financer ce projet de 10 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros), soulevant des inquiétudes sur la capacité des entreprises à financer l’expansion rapide de l’infrastructure IA.

Le revirement de Blue Owl s’explique par des préoccupations liées aux conditions de location et d’endettement, jugées moins favorables que celles des accords précédents. L’entreprise craint également des retards potentiels liés à la réglementation locale. Mais au-delà de ces facteurs, c’est l’endettement croissant d’Oracle qui inquiète particulièrement Blue Owl. Le groupe affiche une dette de plus de 127 milliards de dollars (environ 117 milliards d’euros), dont environ 20 % arriveront à échéance dans les trois prochaines années. Oracle a également enregistré un flux de trésorerie disponible négatif au cours des 12 derniers mois, une situation que les analystes ne prévoient pas de voir s’améliorer avant au moins deux ans.

Oracle a minimisé l’impact de la perte du financement de Blue Owl, affirmant disposer d’autres sources de financement, notamment Blackstone et Bank of America, pour mener à bien son projet dans le Michigan.

Cette situation met en lumière les défis de financement auxquels sont confrontées les entreprises qui cherchent à investir massivement dans l’infrastructure nécessaire au développement de l’intelligence artificielle. Si les investisseurs s’inquiètent déjà de la capacité des réseaux électriques à supporter la demande énergétique croissante des centres de données, l’accumulation rapide de dettes et le financement de projets d’envergure pourraient devenir un nouveau point de friction.

Par ailleurs, la publication d’un indice des prix à la consommation (IPC) inférieur aux attentes pourrait influencer les décisions de la banque centrale. L’IPC d’octobre à novembre a progressé de 2,7 %, en deçà des 3,1 % attendus, et de 0,4 point de pourcentage par rapport au consensus à 2,6 %. Les prix des loyers, qui représentent 40 % de l’IPC, n’ont augmenté que de 1,6 % sur un an, soit moins de la moitié du taux observé les trois mois précédents.

Malgré ces chiffres encourageants, le marché reste sceptique, notamment en raison des ajustements statistiques effectués par le Bureau of Labor Statistics (BLS) pour compenser le manque de données d’octobre. La réaction des marchés obligataires a été modérée : après un bref bond de 50 cents, le prix des obligations est revenu à son niveau d’avant la publication de l’IPC. Les contrats à terme sur les taux de la Réserve fédérale n’ont pas non plus été significativement affectés, laissant entendre que les probabilités d’une hausse des taux lors de la réunion du 28 janvier restent inchangées. Les investisseurs attendent donc de voir si le prochain rapport sur l’IPC confirmera ce ralentissement de l’inflation avant de prendre des décisions plus importantes.

You may also like

Leave a Comment