Publié le 20 décembre 2025 à 22h18. Les États-Unis ont intensifié leur pression sur le Venezuela en interceptant un pétrolier en mer, une action qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à perturber le commerce pétrolier de Caracas et à contrer le trafic de drogue dans la région.
- Les garde-côtes américains, avec le soutien du ministère de la Défense, ont saisi un pétrolier au large du Venezuela.
- Il s’agit de la deuxième interception d’un pétrolier dans la région en deux semaines, après l’annonce d’un blocus américain des navires transportant du pétrole vénézuélien.
- Le Venezuela dénonce une campagne visant à déstabiliser le gouvernement de Nicolás Maduro et à s’approprier ses ressources pétrolières.
Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas. Les États-Unis accusent le gouvernement vénézuélien de soutenir le narcoterrorisme et d’être illégitime, tandis que le Venezuela dénonce une ingérence américaine dans ses affaires intérieures.
Selon Kristi Noem, responsable de la sécurité intérieure américaine, l’opération a été menée tôt ce matin. Elle a publié sur X (anciennement Twitter) une vidéo d’environ huit minutes montrant un hélicoptère survolant un grand pétrolier en mer.
« Nous continuerons de poursuivre les mouvements illicites de pétrole sanctionné qui est utilisé pour financer le narcoterrorisme dans la région. Nous vous trouverons et nous vous arrêterons. »
Kristi Noem, responsable de la sécurité intérieure américaine
Le New York Times, citant un responsable américain anonyme et des sources de l’industrie pétrolière vénézuélienne, a précisé que le navire intercepté était un pétrolier panaméen transportant du pétrole vénézuélien en provenance du Venezuela et naviguant dans les eaux des Caraïbes. Mme Noem n’a pas divulgué l’identité du navire, et il n’est pas encore clair s’il était soumis à des sanctions américaines.
La Maison Blanche n’a pas immédiatement commenté cette nouvelle opération, malgré les demandes de l’AFP. Le Pentagone a redirigé les questions vers la Maison Blanche.
Le 10 décembre, les forces américaines avaient déjà saisi un autre pétrolier au large des côtes vénézuéliennes, soupçonné de transporter du pétrole sanctionné vers l’Iran. RTE News avait rapporté que ce navire devait être remorqué vers un port américain.
Les États-Unis ont déployé une importante force militaire dans les Caraïbes ces derniers mois, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue en Amérique latine, mais cette présence est perçue comme une pression accrue sur le Venezuela. On compte actuellement 11 navires de guerre américains dans la région, dont le plus grand porte-avions du monde, un navire d’assaut amphibie, deux navires de transport amphibies, deux croiseurs et cinq destroyers. Des navires de la Garde côtière américaine sont également déployés, mais leur nombre précis n’a pas été divulgué pour des raisons opérationnelles.
Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a réagi à ces tensions lors d’une apparition à la télévision d’État, dénonçant une campagne de « mensonges, de manipulation, d’ingérence, de menaces militaires et de guerre psychologique ».
« Cela ne nous intimidera pas. »
Vladimir Padrino Lopez, ministre vénézuélien de la Défense
Caracas considère ces opérations comme une tentative de renverser Nicolás Maduro et de s’emparer des ressources pétrolières du pays. Depuis septembre, l’armée américaine a également mené des frappes aériennes contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique, des actions qui ont suscité des critiques quant à leur légalité et ont fait plus de 100 morts.
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